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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE VI.

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mandes. Pour avoir des débouchés étendus et constants, il faut servirbien et à bon marché.

D’un autre côté, quand les consommateurs, comme il arrive quelque-fois en Angleterre, préfèrent des formes disgracieuses, des dessins con-tournés et d’un vieux goût, les producteurs, forcés de leur complaire,perdent une partie des talents qui assurent des succès. Si leur nation s’encontente, nous ne sommes pas en droit de nous en plaindre; mais ilnous est permis de remarquer que le mauvais goût des consommateursgâte celui des producteurs et nuit à l’étendue de leurs affaires 1 Il .

Vous voyez, messieurs, que, sous le rapport de la nature des produits,les consommateurs peuvent être plus ou moins favorables aux intérêtsdes producteurs en général. Vous voyez que toutes ces consommationssupposent une production qui les rende praticables. Je n’entre point icidans l’examen des causes favorables à des résultats vivement souhaitéspar tous les amis de l’humanité. Qu’il nous suffise, quant à présent, desavoir que, dans l’état où se trouve la très grande majorité des peuplesde la terre, ce ne sont pas les consommateurs qui manquent à leurs pro-ducteurs. Seraient-ce des institutions favorables à leur instruction géné-rale , et d’où naîtrait un plus grand développement des goûts et desfacultés des hommes ?

CHAPITRE VI.

De la consommation des absents.

L’homme jouit de la faculté de changer de place à volonté. Cette faculté,qui lui est commune avec la plupart des animaux et qui paraît si simple

1 Qu’on ne dise pas que le goût est arbitraire, et que personne n’est en droitde censurer celui des autres; les auteurs qui ont le mieux analysé le goût dansles arts, Voltaire, Addison, Blair, ont montré qu’il faut reconnaître le beau entout genre dans ce qui plaît au plus grand nombre parmi bipartie cultivée detoutes les nations. L’opinion des hommes peu cultivés, qui ont vu peu d’objetset ont peu comparé, c’est-à-dire peu réfléchi, ne saurait avoir aucune autorité,

Il est à remarquer que, relativement aux objets d’exportation, c’est la partie laplus cultivée des nations étrangères qui leur est favorable ou contraire; car lapartie inculte des nations fait peu d’usage des importations et quand elle en faitpsage, elle se règle sur la partie civilisée.