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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE VUE

Toute jouissance honnête et qui ne cause aucun préjudice à personneest un bien. Elle est permise à celui qui se trouve dans une position àpouvoir se la permettre. J’observe seulement que plus la dépense s’écartede la satisfaction des besoins réels, et moins elle fait de profil en propor-tion de ce qu’elle coule.

On doit se tenir en garde contre les dépenses que l’on ne fait que paroccasion et par caprice. Il en est de semblables consommations comme deces mets que Ton mange sans appétit et seulement parce que leur pré-sence excite notre gourmandise. Ils ne valent pas ceux qu’assaisonnel’appétit ; ils nuisent à notre santé, et ce sont ceux-là qui coûtent le plus.Il y a peu de fortunes qui soient au-dessus des atteintes que peuvent leurporter de simples fantaisies. Franklin, dans sa Science du bonhomme Ri-chard, suppose qu’un grand nombre de gens se rendent à une vente pu-blique et se laissent tenter par des objets dont le besoin ne s’était jamaisfait sentir à eux. Le bonhomme Richard leur dit : à Vous venez dans Tes-;« poir d'avoir des marchandises à bon compte; mais ce qui n’est pas ne-j

« cessaire est toujours cher. J’ai vu quantité de personnes ruinées à ;

« force d’avoir fait de bons marchés. Il est plus-facile de réprimer la

« première fantaisie que de réprimer toutes celles qui viennent ensuite... J« Ceux qui achètent le superflu finissent par vendre le nécessaire. » '

Voilà d’excellents principes d’économie privée ; le besoin doit toujoursprécéder la dépense, et j’ajouterai volontiers aux conseils de Franklincelui-ci : Éprouvez-vous un désir que votre fortune vous permet de sa-tisfaire, sortez et cherchez l’objet que vous désirez ; mais ne prenez pasles objets qui vous cherchent’.

Parmi les fortunes médiocres, beaucoup de consommations, qui seraientfort bien entendues, fort désirables, restent en souffrance parce que Tona consacré à des fantaisies l’argent qu’elles auraient réclamé. Un bijou,un meuble recherché, une partie coûteuse, ont absorbé l’argent qu’il au-rait fallu dépenser pour être mieux chauffé en hiver, mieux raffraîchi en»

1 A Londres, les belles dames s’amusent à parcourir les boutiques avant l’heuredu dîner, et font développer sous leurs yeux une multitude de marchandises.C’est une manière de passer le temps, une espèce d’e spectacle pour elles ; maisc’est un spectacle dispendieux ; car, malgré la résolution qu’elles prennent de nerien acheter, il est rare qu’elles ne trouvent pas de bonnes raisons pour justifierl’emplette d’un article qui leur plaît, et auquel elles n’auraient jamais songé sielles n’avaient pas été promener leur curiosité.