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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE VIII.
que, si les jouissances qu’elles procurent sont moins vives, elles sont, ensomme, à prix égal, les plus considérables.
Elles le sont surtout si l’on est appelé à faire usage fréquemment del’objet consommé. Un logement sain, commode el agréable, est une dé-pense bien entendue. L’agrément d’un logement, sa propreté, la gaîté deson aspect, le bon goût des meubles qui le garnissent, sont des avantagesqui coûtent quelque chose, mais dont on jouit tous les jours, et pour ainsidire dans toutes les minutes de la vie. Si vos revenus sont suffisants pouracquérir ces avantages, en vous les procurant vous faites donc un bonemploi de vos revenus. Dans l’état actuel de nos moeurs, une famille d’unefortune médiocre paiera peut-être trois ou quatre cents francs de plus leloyer d’un appartement qui, à égalité d’étendue, sera plus agréable etplus commode qu’un autre. Cet excès de dépense, qui fait environ unfranc par jour, n’atteint pas à celles qu’occasionnent les moindres fantai-sies pour la table, la toilette ou les divertissements, et embellit presquetous les instants de toute une famille.
Adam Smith trouve un autre avantage dans la dépense qu’on fait enobjets durables. C’est une'dépense dont on peut facilement réformer l’excès.« On ne peut, ajoute-t-il, réduire sa table ou son train de vie, sans que le« public s’en aperçoive. Une réforme, à cet égard, est une espèce de con-« fession qu’on a tenu une conduite inconsidérée. Peu de personnes, eu« conséquence, ont le courage de réduire leur dépense journalière quand« elle a été poussée trop loin. On ne s’arrête que lorsque la ruine et le« discrédit en font la loi. Mais si quelqu’un a trop dépensé en bâtiments,« en meubles, en livres, en tableaux, un changement de conduite de sa« part ne surprend personne. La dépense qu’il a faite lui rend inutile« toute dépense ultérieure ; et, quand il s’arrête, on peut croire, non pus« qu’il a excédé ses moyens, mais qu’il a satisfait toutes ses fantaisies '. »Smith pouvait ajouter que le mal qu’on s’est fait ainsi n’est pas irrémé-diable, puisque celui qui a acquis trop d’objets durables peut encore enrevendre une partie au besoin.
Les consommations les plus rapides de toutes sont celles que l’on faitdes services personnels, et vous les consommez souvenlsans aucune jouis-sance. Les personnes qui ont un nombreux domestique n’en sont pas ser-vies constamment. Le temps que perdent les laquais oisifs est un tempsque vous payez el dont vous ne jouissez pas. Je sais que c’est un faste qui
* Richesse des Nations, liv. II, chap. 3.