DES CONSOMMATIONS LES PLUS JUDICIEUSES.
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chatouille l’amour-propre dans certaines occasions ; mais ce faste coûtecher à proportion de l’agrément qu’il procure. Les seigneurs d’autrefoisentretenaient, dans leurs châteaux, des trains nombreux de domestiqueset de gentilshommes. Ils faisaient, par là, une immense consommationd’une chose précieuse : je désigne ainsi les services d’hommes forts et bienconstitués, services qu’ils payaient par l’entretien, tout au moins, des gensqui composaient cette suite, et dont ils ne retiraient pas un avantage pro-portionné à ce sacrifice.
Les maisons opulentes de nos jours consomment, suivant moi, plushabilement leurs revenus. On embellit sa résidence; elle est plus vaste,plus commode ; elle est meublée avec goût, embellie par les chefs-d’œuvrede l’art; les jardins en sont riants, habilement tracés, entretenus avecsoin et enrichis d’une immense variété de végétaux. Tout cela n’occupepeut-être pas un moins grand nombre de travailleurs ; mais leurs servicesfont bien plus de profit. C’est un avantage que les gens riches doivent ài l’organisation sociale des temps modernes, qui, tout imparfaite qu’elleest encore, est néanmoins infiniment supérieure à celle des temps quinous ont précédés.
Les maisons et les meubles sont des produits fort durables, et, sous cerapport, présentent des consommations profitables; mais c’est en suppo-sant que leur renouvellement ne soit pas plus profitable encore. Mon idéeva prendre un corps à l’aide d’un exemple dont je me suis déjà servi ’.
Un propriétaire songe à faire bâtir une maison d’habitation pour sa fa-. mille. S’il là fait en pierres de taille, avec une forte charpente et toutes lesprécautions qui assurent une longue durée, elle coûtera, je suppose, cent; mille francs et durera l’éternité. S’il la fait en matériaux légers, elle nelui coûtera que 50 mille francs et ne durera que 45 ans. Lui convient-ild’acheter le produit durable, c’est-à-dire de bâtir pour l’éternité? Lui con-vient-il de faire une maison qui, au bout de 45 ans, ne sera plus bonnequ’à être démolie ?
Dans tous les cas, il a 100 mille francs à dépenser. Or, je dis que s’il faitbâtir la maison de 50 mille francs, il lui restera 50 mille francs à placer àintérêts composés. Celle somme sera doublée par les intérêts au bout de15 ans, et par conséquent se trouvera portée à 100 mille francs. Elle seradoublée encore une fois 15 ans plus tard ; elle s’élèvera à 200 mille francs ;
* II e partie de ce Cours, chap. 12.