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Tome II.
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DES CONSOMMATIONS DE LA FAMILLE.

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durée. Il convient donc, quelque fortune qu’on ait, de consommer lesmeilleures qualités, sauf à les payer plus cher.

Mais ce genre d’économie est souvent interdit à l’indigence et à l’igno-rance. A l’indigence, parce qu’elle ne peut pas toujours faire l’avance d’unpremier déboursé plus avantageux, quoique plus cher 1 .

L’ignorance, de son côté, s’oppose à cette économie, parce que, pourpréférer les bonnes qualités, outre qu’il faut savoir pour quelle raison ellessont préférables, il faut, de plus, s’y connaître ; car le consommateur estservi comme il veut l’être.

Si j’ai blâmé les consommations rapides, faites attention, messieurs, qu’iln’était question que de consommations stériles. Dans cette sorte de con-sommations, il ne s’agit que de besoins satisfaits, de jouissances qu’il estde notre intérêt de prolonger. Quand il était question de consommationsreproductives, c’était tout autre chose. Plus celles-ci vont vite, moins laproduction languit ; et plus tôt les avances qu’on a faites sont remboursées,plus tôt on possède les moyens de renouveler des opérations lucratives.

CHAPITRE IX.

Des consommations de la famille.

Les dépenses d’un ménage se composent d’approvisionnements de tousgenres qu’on renouvelle à mesure qu’ils sont épuisés, et le renouvellementde ces provisions a lieu d’autant plus fréquemment que la consommationva plus vite. Une provision de sucre durera 36 jours dans une maison bienréglée, où les provisions sont tenues sous la clef, où le gaspillage est im-possible, et où les consommations sont uniquement déterminées par lebien-être dont la famille peut raisonnablement jouir selon sa fortune et lerang qu’elle occupe ; tandis qu’une provision semblable, dans une situationpareille, mais dans une maison moins bien réglée, ne durera que 30 joursau lieu de 36. Dans Tune et l’autre maison, l’approvisionnement étantachevé, il faudra faire un nouvel achat; mais, dans la dernière, il faudra

’ C’est la même raison qui oblige de pauvres ménages à aller acheter au dé-tail du bois ou du charbon qui leur reviennent plus cher que s’ils les prenaientau chantier.