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SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE X.
que l’on doit prescrire à sa dépense ; il est si aisé d’acheter sans dé- !bourser ! Mais alors on est dupe d’une illusion, et quelquefois on marcheà sa perte sans éprouver ces obstacles, ces inconvénients salutaires quivous auraient averti à temps de ne pas aller jusqu’au bout.
Il convient même d’avoir toujours un peu d’argent en réserve pour lesbesoins imprévus ; car l’expérience nous apprend que les dépenses vontpresque toujours au delà de ce qu’on avait présumé ; et quand on n’estpas en mesure d’acquitter sur-le-champ une dépense devenue nécessaire,la considération personnelle eu souffre toujours quelque peu. Les revenus ;■courants, non-seulement doivent pourvoir aux consommations courantes, 'mais réparer les pertes futures. ’
CHAPITRE X.
De la prodigalité et de l’avarice.
Le mot économie a deux significations bien distinctes. On désigne quel-quefois par ce mot les lois qui régissent l’intérieur des corps organisés, descommunautés, des peuples. C’est en ce sens que l’on dit Yéconomie animale, jl'économie d'une prison, Véconomie sociale ou politique. j
D’autres fois le mot économie est synonyme d’épargne. En ce sens, l’éco- !iiomie consiste à ménager pour l’avenir les ressources que nous avons à ;notre disposition ; à comparer le service qu’elles nous rendraient dans le :moment présent avec le service qu’elles pourront nous rendre plus lard. ,C’est dans ce dernier sens que nous devons nous occuper en ce moment-cide l’économie.
Sur un navire dont la navigation s’est prolongée, et auquel il resteencore un long trajet à parcourir, si Ton craint de manquer de vivres, ondiminue les rations, on les économise, on se prive d’une partie de sa sub-sistance, par cette considération que, dans un besoin extrême, cette sub-sistance économisée, en conservant l’équipage, rendra un bien plus grandservice que dans le moment où Ton est et où Ton peut à la rigueur s’enpasser. ;
Voilà l’image de l’économie.
Lorsque Ton est porté à s’exagérer les besoins futurs et à leur attribuer j. i
une importance qu’ils n’ont pas, on tombe dans l’avarice. Lorsqu’au con- i
traire on ne tient pas assez de compte des besoins futurs , lorsqu’on sa-