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SEPTIÈME PARTIE.
CHAPITRE X.
beaucoup moins par les impressions que nous recevons du dehors quepar celles dont la source est en nous-mêmes. La nature a attaché un plaisirtrès vif à l’exercice de nos facultés physiques et morales. Le spectateurd’une comédie bâille quelquefois ; mais l’auteur de la pièce, le directeur !qui la monte, l’acteur qui la joue, ne bâillent jamais.
Pour échapper à ce malheur, un homme riche, quand il a du mérite, se ifait acteur, non sur un théâtre, mais sur la scène du monde. Tantôt, jcomme Malesherbes, il recueille des végétaux étrangers qu’il acclimate jpar degrés, et dont il enrichit le sol de la patrie. Tantôt il cultive les jlettres comme Helvétius, ou, à l’exemple de Turgot et de Ricardo, ilre- !monte aux sources de la prospérité publique. Si son goût le porte vers les jsciences comme Lavoisier, il leur consacre son temps et sa fortune. !
Lors même qu’il n’a aucun de ces talents qui attirent les regards, il peutjouer un rôle honorable et même important. Celui qui peut, en s’aidantde ses lumières et de celles des autres, acheter avec discernement les pro-ductions des arts, les collections, les livres qui se recommandent par quel-que mérite, exerce une sorte de magistrature, puisqu’il a des encourage-ments et des récompenses à distribuer. Que de services ne peut-il pasrendre de sa personne et de sa bourse ! Il est vrai qu’il y faut du discerne-
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ment et des ménagements : du discernement pour n’être pas dupe de l’in-trigue et ne favoriser que le mérite; des ménagements, pour ne pas blesserles amours-propres. Mais cela même occupe, et l’occupation fait la vie.L’oisiveté ne convient qu’à la sottise. C’est une dégradation des plus noblesfacultés de l’homme.
On a beau dire que l’on manque des talents nécessaires pour faire un 'bon usage de sa fortune : vain prétexte fourni par l’indolence et la paresse.Pour produire, pour gagner, sans doute il faut quelques talents spéciaux : '
pour dépenser convenablement, il ne faut que du bon sens et de bonnesintentions, accompagnés de quelques soins ; car rien de bon ne s’opèresi l’on n’y donne des soins.
L’avarice est une faiblesse comme la prodigalité. Celle-ci ne sait pasrésister à une fantaisie; l’avarice ne sait pas surmonter une terreur.
N’est-il pas faible, en effet, l’avare qui pousse la crainte de se voir dé-pourvu, jusqu’à se priver de tout? Qu’on prenne les plus grandes précau-tions pour placer solidement sa fortune, rien de mieux; qu’on la divise ien plusieurs placements de natures diverses, afin de diviser les risques etde n’êlre pas exposé à tout perdre, c’est agir prudemment : mais une fois