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Tome II.
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SEPTIEME PARTIE. - CHAPITRE X.

moyen de gagner à celui qui mène un genre de vie trop sordide. Commeles besoins se sont multipliés, le vice du siècle est plutôt la cupidité, l’avi-dité , que l’avarice ; mais si je m’étendais sur les causes et sur les consé-quences de la cupidité, j’envahirais le domaine de la morale. Qu’il me soitpermis seulement de faire remarquer que les moralistes ne devraient pasdemeurer étrangers à l’économie sociale. A quoi bon prêcher contre l’ava-rice si elle a peu de dangers, et si dans notre situation économique toutdoit tendre de plus en plus à la décourager? et comment prêcher avecsuccès contre la cupidité, avant d’avoir modifié des institutions socialesqui toutes sont propres à lui donner un nouveau degré d’énergie?

CHAPITRE XI.

i

Influence des lois et des coutumes des peuples sur les dépenses des }

particuliers. i

Les lois des nations influent de deux manières différentes sur les con- ]sommations des particuliers, et par conséquent sur les dépenses qui ontpour objet d’y pouvoir. Tantôt, c’est directement, en restreignant, oumême en proscrivant tout-à-fail certaines consommations, comme font leslois somptuaires;; tantôt, c’est indirectement, en rendant la production de icertains objets plus difficile ou plus dispendieuse, deux mots qui, en éco-nomie politique, signifient la même chose. ;

On a fait des lois somptuaires, des lois pour borner la dépense des par- ;liculiers, chez les anciens et chez les modernes ; on en a fait sous des gou-vernements républicains et sous des gouvernements monarchiques. Onn’avait point en vue la prospérité de l’État, car on ne savait point, on nepouvait point savoir encore si de telles lois influent sur la richesse géné-rale. D’après les préjugés anciens, on devait même croire qu’elles lui sontcontraires. On leur donnait pour prétexte la morale publique, partant decelte supposition que le luxe corrompt les mœurs ; mais le véritable motifn’a presque jamais été celui-là non plus. Dans les républiques, les loissomptuaires ont été rendues pour complaire aux classes pauvres qui n’ai-maient pas à être humiliées par le luxe des riches. Tel fut évidemment lemotif de cette loi des Locriens, qui ne permettait pas qu’une femme se fit iaccompagner dans les rues par plus d’un esclave. Tel fut encore celui dela loi Orchia, à Rome, loi demandée par un tribun du peuple, et qui limi-