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Tome II.
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INFLUENCE DES LOIS SUR LES DÉPENSES.

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tait le nombre des convives que l’on pouvait admettre à sa table. Dans lesmonarchies, au contraire, les lois somptuaires ontétél’ouvragedes grands,qui ne voulaient pas être éclipsés par la bourgeoisie. Tel fut, on n’en peutdouter, le motif de cet édit de Henri II, qui défendit les vêtements et lessouliers de soie à d’autres qu’aux princes et aux évêques.

Je ne prétends examiner ici les lois somptuaires que sous le rapportéconomique. Tout ce qui tend à réduire les dépenses que nous avons ap-pelées mal entendues semble devoir être favorable aux bonnes consom-mations, à celles qui concourent plus sûrement au bien-être des citoyenset du public; mais pensez-vous que le législateur soit mieux en état derégler leurs consommations qu’il ne Ta été de diriger leurs productions?Les raisons qui déterminent les particuliers, relativement à leurs dépenses,varient à l’infini. L’autorité peut-elle entrer dans tous les motifs, connaîtretoutes les ressources, apprécier toutes les excuses? Telle maison est’ désordonnée qui reçoit dix convives, telle autre est modérée qui en reçoitvingt : si la loi fixe le nombre des convives à quinze, elle n’atteint pas sonbut dans le premier cas et le dépasse dans le second.

| Quel législateur, en outre, est assez sage pour prévoir la consommation! qu’il est utile à l’Etat d’empêcher et celle qu’il convient d’encourager? Si\ Ton eût réussi à borner en France la consommation des soieries, croit-on| que les villes de Lyon, de Nîmes, de Saint-Étienne eussent perfectionnéles produits de leur industrie, et qu’elles fussent parvenues au degré deprospérité où nous les voyons? Croit-on que la culture de la soie se fûtrépandue dans nos départements du midi, au point de suffire bientôt à nosfabriques et de fournir dans quelques années à des exportations ? En bor-nant de certaines consommations, qui peut répondre de ne pas borner la? consommation totale ? La doctrine que je vous ai développée est, en somme,

I ' qu’il ne faut pas consommer pour consommer, c’est-à-dire, lorsqu’il n’enrésulte ni profit, ni plaisir ; or, du moment qu’on laisse les hommes à eux-mêmes, leur propre intérêt les invite à suivre ce précepte. Il n’est pasbesoin d’une loi pour cela; et j’appliquerais volontiers ici une phrasequ’Adam Smith applique à la production : « Nul gouvernement n’est plus. « insensé que celui qui se croirait assez sage pour en savoir à cet égard« plus que les particuliers dont il aurait la prétention de régler les dé-« penses. Les rois et les ministres, dit Smith dans un autre endroit', sont: « les plus grands dépensiers de la terre. Qu’ils règlent leur prodigalité,

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Liv. II, chap. 3.