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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE XI.

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« avant de s’inquiéter de celle des autres. Si l’État n’est pas ruiné par leurs« extravagances, il ne le sera jamais par celles de leurs sujets. «

Ajoutons que les lois somptuaires entreprennent sur les droits des na-tions. La société, qui est au-dessus du gouvernement, veut la propriété ;elle ne peut pas ne pas la vouloir, parce que, sans la propriété, point desociété 1 ; or, la propriété suppose dans chaque particulier le droit de dis-poser de son bien, d’en abuser, s’il lèvent. Lorsque le gouvernement l’enempêche, il agit donc contre les intérêts et le vœu de la société, qu’il estde son devoir de protéger. Il serait superflu de s’autoriser de l’exempledes États les plus populaires de l’antiquité. « Les anciens, dit Condorcet,« qui, dans plusieurs de leurs institutions politiques, ont montré une pro-« fondeur de vues et une sagacité que nous admirons avec raison, igno-« raient les vrais principes de la législation et comptaient pour rien la« justice. Ils croyaient que la volonté publique a droit d’exiger tout et« de nous soumettre à tout; opinion fausse, dangereuse, funeste aux« progrès de la civilisation et des lumières, et qui ne subsiste encore que« trop parmi nous 2 . »

Il n’est, au reste, pas de lois qui soient plus aisément éludées, et quitombent plus promptement en désuétude, que les lois somptuaires : l’au-torité publique n’est point intéressée à leur exécution.

Sans proscrire directement de certaines consommations auxquelles lesgouvernements trouvent des inconvénients, ils se contentent quelquefoisd’y mettre des obstacles par le moyen de l’impôt. C’est ainsi qu’en Angle-terre on a soumis à des droits, non-seulement les carrosses, mais leschiens,Ta poudre à poudrer, les montres de poche, etc.

En admettant l’impôt comme une nécessité, il vaut mieux, sans doute,qu’il porte sur des consommations à l’usage des riches que des pauvres,et sur des objets d’une utilité secondaire plutôt que sur ceux d’une utilitépremière. L’intérêt de la société est que les besoins indispensables soientplus aisément satisfaits que ceux qui ne prennent leur source que dansune sensualité trop délicate ou dans une vanité puérile. Mais il ne fautpas croire que, absolument parlant, on fasse le bien de l’État en empêchantles dépenses de luxe. Cela n’est utile que lorsque le luxe fait tort à desdépenses qui seraient mieux entendues. C’est un luxe que de se trans-porter rapidement d’une ville à l’autre. Autrefois, un petit marchand, un

Voyez-en les preuves dans ce Cours, I re partie, chap. 27.Note sur le Voltaire de Kehl , tome 18, page 97, édition in-8°.