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Tome II.
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INFLUENCE DES LOIS SUR LES DÉPENSES.

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homme de la campagne, voyageaient à pied, ou tout au plus sur une mé-chante haridelle. Aujourd’hui, dans une voiture suspendue, ils franchissentcinquante lieues en vingt-quatre heures, au moyen de voilures publiquesmultipliées et commodes ; la production et la consommation de la sociétén’en ont été que plus actives.

On pourrait très bien se passer de café, de tabac, puisque l’on s’en estpassé pendant dés siècles ; mais pourquoi se priver de ce qui fait plaisir ss’il n’en résulte aucun inconvénient, ni pour la santé, ni pour la prospéritépublique? Une jouissance n’est à blâmer que lorsqu’elle n’est pas propor-tionnée à ce qu’elle coûte et lorsqu’elle pourrait être remplacée par unejouissance supérieure qui ne coûterait pas plus. Une nation qui produi-rait et consommerait chaque année pour cinq milliards de produits feraitquelque progrès si elle venait à produire cinq milliards et vingt millions,dusseul ces vingt millions être employés à acheter du tabac, qui est peut jêtre la plus superflue des superfluités'.

Les consommations ne sont pas toujours restreintes : elles sonUquel-quefois provoquées par les lois. Si les cérémonies du culte étaient somp-tueuses , et s’il n’était pas permis de s’y soustraire ; si la législation étaitobscure et embrouillée et obligeait les citoyens à recourir sans cesse àl’aide des légistes, la nation prise en masse serait excitée à des consom-mations qui ne contribueraient en rien à ses jouissances.

Il a passé par la tête de certains hommes d’État que les procès étaientun bien en ce qu’ils faisaient vivre un bon nombre de juges et d'officiersministériels 2 . C’est comme si l’on prétendait que le mal de dents est unbien parce qu’il fait vivre les dentistes : sans doute, quand on souffre ungrand mal de dents, on est heureux de trouver un dentiste habile qui vou$débarrasse du mal qui vous tourmente ; mais on aurait été plus heureuxencore de n’être pas obligé de recourir à son art. L’intérêt de la sociétéest d’éloigner autant que possible le besoin des remèdes au physique et au

' La consommation du tabac n’est citée ici que comme un exemple , et dansla supposition que l’usage qu’on fait de cette plante n’a aucun inconvénient rela-tivement à la santé ou à la propreté des personnes.

* U est inutile de répéter ici ce qui a été démontré plus haut (cliap IV de cettepartie), que les consommations ne sont un bien qu’en raison des besoins qu’elles. satisfont ou des plaisirs qu’elles procurent, et nullement en raison des encou-t ragements qu’elles offrent aux producteurs.