SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE XI.
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moral, et d’avoir toujours les remèdes nécessaires aux maux qu’elle n’a jpu éviter.
Si de l’influence des lois sur les consommations nous passons à l’iii-fluence des mœurs du pays, nous jugerons de même que les plus favo-rables sont celles qui provoquent les consommations bien entenduesplutôt que les autres. Si, par exemple, dans la classe laborieuse, les plai-sirs que l’on prend en famille profilent plus que les orgies du cabaret, leshabitudes qui seront favorables aux premiers seront celles qu’il faudrapréférer, celles que les institutions, que les gens éclairés devront chercherà répan dre. |Ce sont de pauvres hommes d’Élat que ceux qui, voyant le
( peuple se livrer à l’oisiveté, à la joie, à l’intempérance, trouvent cela lemieux du monde, et disent : Il est bon que le peuple s'amuse. Ce n’est pointlà une proposition que l’on veuille contester. C’est du choix des amuse- !tmenls qu’il s’agit ; or, il est plus avantageux au peuple lui-même de pré-férer les amusements dont les suites n’ont rien de fâcheux et qui sont lesplus favorables à l’ordre et à l’aisance des ménages, les plus propres à; conserver la santé du corps et de l’esprit. J’ai entendu dire que l’ivresse dupeuple lui était nécessaire pour s’étourdir sur ses maux -, il vaut mieux/diminuer ses maux que vanter son ivresse.
Dans un autre sens, ce sont des mœurs stupides que celles de ces paysmusulmans qui repoussent de certains produits excellents, tels que le
vin et la viande de porc, et qui bornent par conséquent jusqu’à ce point ;
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les productions et les consommations de l’homme, c’est-à-dire ce qui rend 1son existence et sa civilisation plus complètes. On lit dans la relation dunaufrage que fit M. Coclielet sur les côtes d’Afrique, que les Maures per- :dirent, par cette superstition, d’excellentes provisions de vin qui se trou-vaient sur le navire échoué ; et, quoique habitants d’une côte désolée,ils ne voulurent point faire usage des provisions de viandes salées qu’ils ytrouvèrent, de peur qu’il ne s’y rencontrât du porc.
Quand une nation pousse trop loin Vamour du changement dans lesmodes, elle fait beaucoup de pertes qu’elle pourrait éviter. Il y a des des-sins d’étoffes que personne n’ose plus porter quand la mode est passée :dès lors on ne met plus à une étoffe, à un meuble, un prix suffisant pourindemniser le marchand de ses frais de production ; il subit une perte.
Si, pour se dédommager, il fait payer un autre produit qui a la vogue audelà des frais de production, c’est alors le consommateur qui supporte jcette perle. Un objet acheté qui cesse d’être à la mode est rebuté, même j