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Tome II.
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INFLUENCE DES LOIS SUR LES DÉPENSES.

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avant d’avoir perdu ce qui d’ailleurs constitue sont utilité. On me diraqu’un nouvel objet, s’il coûte plus, a un degré d’utilité de plus, qui estd’être conforme au goût du jour et de flatter la vanité de son possesseur.J’en conviens, mais, en payant quelquefois fort cher ce genre de satis-faction, on donne dans des consommations mal entendues, dans une dej ces consommations qui satisfont à des besoins d’opinion plutôt qu’à desbesoins réels.

Nos auteurs anciens, étrangers encore aux saines notions d’économiepolitique, et imbus du préjugé général que les consommations sont utilesparce qu’elles détruisent les produits, et indépendamment des jouissances; qu’elles procurent, ont tous vanté la rapide succession des modes commej l'âme du commerce et l’un des plus puissants moyens de prospérité pu-blique. Montesquieu va jusqu’à dire : « A force de se rendre l’esprit fri—« vole, on augmente sans cesse les branches de son commerce 1 . » A ce. compte, il est difficile d’expliquer comment les Anglais, et surtout lesHollandais, ont pu pousser si loin les succès de leur commerce : ce n’estpas probablement à force de frivolité. I^es belles et bonnes quincailleries,

; les beaux et bons cotons filés de l’Angleterre, les suifs, les bois, les, chanvres, les épiceries dont les Hollandais ont approvisionné l’Europe,voilà les objets qui donnent les bénéfices les plus grands, les plus sou-tenus, parce que ces choses satisfont à des besoins réels, universels, tou-jours renaissants et indépendants du caprice.

Ailleurs, Montesquieu met le luxe au nombre des biens sans nombre quirésultent de la vanité-, de la vanité, qui, en excitant les jalousies despeuples et des rois, a ravagé la terre-, de la vanité, qui a, dans presquetous les temps, allumé les bûchers de la persécution ! Montesquieu avaitun génie élevé; il aimait la vérité, il méprisait la sottise et détestait ledespotisme ; mais il est véritablement affligeant qu’il ail parlé de com-merce et d’industrie.

Necker, homme intègre et laborieux, excellent administrateur et pu-bliciste médiocre, dans son livre de XAdministration des Finances, tientun langage pareil à celui de Montesquieu ; mais il est bien moins excu-sable, car l’ouvrage d’Adam Smith avait paru huit ans auparavant.

Je cite ces noms recommandables pour faire voir combien , dans lesmatières économiques, il faut se défier des réputations qui, fondées sui-de véritables services rendus à certains égards, ne doivent être d’aucun

’ Esprit des Lois, liv. là, chap, H,