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Tome II.
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CONSOMMATIONS PUBLIQUES.

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Les consommations de produits et de services qui se font dans l'intérêtde l’État ont la plus grande analogie avec les mêmes consommations quise font dans l’intérêt des particuliers. Dans l’un et l’autre cas, ce sont desprodu.ts ( u des sei vices enti; rement perdus lorsqu’ils ont rempli leur of-fice. Le service rendu par un militaire ou par un juge, l’année dernière,nedispense nu l ment d’acheter et deconsommerun service pareil durantla cours de l’année présente. De même, l’emploi qu’ils font de leurs hono-raires pour leur entretien peut être très utile à leur entretien, mais necontribue pas plus au bien-être de la société que la soupe du manouvrierne contribue au bien-être de l’entrepreneur qui lui a donné de l’ouvrage.J’en fais la remarque, parce qu’on a souvent représenté la dépense quefont ensuite les fonctionnaires publics au moyen de leurs honorairescomme un bien pour la société. Leurs consommations, à eux, ont pour effetleur seul avantage. Les achats qu’ils font sont un échange de l’argentqu’ils ont gagné contre les produits dont ils ont besoin ; et si cet achatn’eût pas été fait par eux, un achat équivalent eût été fait par les contri-buables qui ont fourni l’impôt au moyen duquel on a payé aux fonction-naires publics leurs honoraires.

Soit que le public consomme des services, soit qu’il achète des provi-sions que Ton consomme pour son service, il en acquitte communémentla valeur en numéraire. De là l’usage de donner le nom de dépenses publi-ques aux consommations publiques. Ce mot est même plus intelligible parla raison qu’il est plus employé. Il s’y rencontre peu d’inconvénient quandon est bien prévenu que la dépense publique est l’achat que Ton fait, aunom du public, de matériaux et de services qui sont ensuite consommésdans son intérêt, comme ils ont été payés de ses deniers.

Il ne faut pas dédaigner ces vérités si simples et qu’il est si facile de dé-duire des principes élémentaires que je vous ai développés ; car c’est fautede se les rappeler toutes les fois qu’il est question de consommations pu-bliques, que Ton tombe fréquemment dans de graves erreurs, fécondes enfâcheuses conséquences, et que des auteurs, recommandables d’ailleurs,égarent avec eux des hommes d’État dont les opinions deviennent desactes et tournent au détriment et à l’affaiblissement des nations.

On a été longtemps persuadé, et beaucoup de gens s’imaginent encore,que les dépenses publiques ne coûtent rien à la société, parce quellesreversent dans la société ce qu’elles lui coûtent. Celte erreur déplorablenaît d’une analyse incomplète. Qu’est-ce que les gouvernements lèvent surles peuples? Des contributions en nature ou de l’argent. S’ils font con-