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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE XII.

sommer par des troupes ces produits, ils ne les reversent pas dans la so-ciété; car ils sont consommés, détruits par les troupes. 11 est vrai que lasécurité qui résulte du service des troupes est un bien ; le bien résulted’un service rendu à la société par une armée, mais non de la consom-mation opérée par cette armée. La société a consommé pour sa sécuritéle service des troupes ; les troupes ont consommé pour leur entretien lesmunitions fournies par la société ; et après que l’objet de ces deux con-sommations a été rempli, il n’est rien resté de l’une comme de l’autre.

Si la contribution a été levée en argent, cet argent, à la vérité, ayantété employé à l’achat des munitions, des vêlements dont les troupes sesont servies, est reversé dans la société; mais la valeur levée sur le con-tribuable n’est point reversée avec le numéraire. En payant les mar-chands qui ont fourni les vivres et les habillements du militaire, on s’estfait livrer en échange des produits qui valaient, ou qui étaient censés va-loir l'argent qu’on leur a délivré’. On n’a point rendu gratuitement à lanation ce qu’elle avait donné ; et encore, dans ce cas-ci comme dansl’autre, les troupes ont consommé des produits ; la nation a reçu une sé-curité précieuse ; mais de la contribution il ne reste plus rien * 2 .

Lorsque les contributions servent à l’entretien de l’administrateur quisoigne les intérête de tous, du prêtre qui prêche la paix et répand desconsolations, l’effet est pareil : ce peut être un fort bon marché pour lanation, si elle recueille un bien-être réel qui compense ou qui excède lesacrifice qu’elle a fait ; mais elle n’en tire pas autre chose. L’économie estpour l’État ce qu’elle est pour les particuliers ; de même que les lois dela mécanique et de la physique, dont les particuliers et l’État retirent au

’ Quand les produits ne valent pas l’argent, la consommation faite par lestroupes ne vaut pas autant que la dépense faite par la nation; une partie de ladépense faite par la nation n’est point faite dans son intérêt; elle sert à payerdes fournisseurs, elle est absorbée en partie par des rapines faites par des four-nisseurs ou par des agents du gouvernement.

2 Voici une objection que j’ai entendue : Comment posez-vous en principe qu’ilne reste plus rien de la sécurité que vous avez obtenue à l’aide du service d’unfonctionnaire public? — De même que je dis qu’il ne reste rien du repas qui aréparé mes forces, quoique mes forces restaurées subsistent encore après lerepas consommé. L’échange que j’ai fait de ma contribution pour obtenir dela sécurité a, relativement à ma fortune et à la fortune publique, détruit la va-leur que j’y ai consacré^, quoique j’aie recueilli la satisfaction qui en est résultée.