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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE XIII.

entre les mêmes mains des occupations diverses dont l’une fait tort àl’autre ; à tel point que les unes sont purement nominales et ne sont ac-compagnées d’aucun travail réel. Les sinécures supposent une occupationqui u’a jamais lieu, qui n’a d’autre objet que de servir de prétexte pourdonner un émolument'.

Les gros émoluments, et en général les avantages attachés aux emploispublics, en excitant vivement l’ambition et la cupidité, établissent unelutte violente entre ceux qui sont en possession des places et ceux qui lesdésirent. L’administration des pays soi-disant représentatifs est alorsexposée à ces intrigues et à ces révolutions qui naissent, dans les paysdespotiques, de l’énorme pouvoir du prince, des dangers qu’il lui faitcourir, et du désir de se mettre à sa place.

Il y a cet autre inconvénient aux places lucratives, qu’elles font sup-poser des vues intéressées aux amis véritables du bien public lorsqu’ilsrelèvent les fautes de l’administration. Aussi les gens en place ont-ils pourhabitude de repousser les attaques les plus justes, en les attribuant toujoursà l’envie de décrier l’administration pour prendre sa place.

Je pousserais trop loin les conséquences de mon sujet, si je cherchaistous les abus qui se glissent dans la nomination des fonctionnaires publics,et par quels moyens les places peuvent être mieux remplies. C’est une desparties les plus épineuses de la politique pratique; c’est aussi une de cellesoù elle est le moins avancée. Je me bornerai à remarquer qu’une nationa, comme un particulier, des besoins réels et des besoins factices, qu’elleest d’autant mieux gouvernée que l’on pourvoit aux premiers préférable-ment aux seconds, et que, même dans les pays où la nation ne jouit pasdu droit d’élire les fonctionnaires publics, elle exerce néanmoins une très

‘ Le mot sinécure, comme l’abus, a été fourni à la France par l’Angleterre.Autrefois en France il y avait des faveurs de cours, des dons, des parts donnéesdans les recettes de l’état; mais depuis que la France est régie par une consti-tution , il a fallu créer un prétexte au moins apparent pour distribuer l’argent dupublic. C’est ainsi qu’on a créé une place superflue d’inspecteur des eaux miné-rales de France. C’est ainsi que l’on continue à recevoir un traitement relatif àla grande armée lorsqu’il n’y a plus de grande armée ; que l’on paie des commis-saires liquidateurs lorsqu’il n’y a rien à liquider; des commissaires pour réglerdes frontières lorsqu’il n’y a rien à régler; des gouverneurs qui n’ont jamais misle pied dans leur gouvernement, des évêques inpartibus infidelium , etc., etc.