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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE XIV.

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CHAPITRE XIV.

Des principaux besoins de la société.

Pour apprécier convenablement les dépenses publiques, il est bon deconnaître les besoins de la société. Indépendamment des besoins que res-sentent les individus et les familles, et qui donnent lieu aux consomma-tions privées, les hommes en société ont des besoins qui leur sont com-muns, et qui ne peuvent être satisfaits qu’au moyen d’un concours d’indi-vidus et même quelquefois de tous les individus qui la composent. Or, ceconcours ne peut être obtenu que d’une institution qui dispose de l’obéis-sance de tous, dans les limites qu’admet la forme du gouvernement 1 .

Dans tous les cas où ce concours est indispensable et salutaire, il estun besoin pour la société ; et quoique le gouvernement exige de la partdes membres du corps social le sacrifice d’une partie de leur liberté et déleurs richesses, le bien-être qu’il procure à tous peut leur faire supportersans regret le sacrifice que l’établissement d’un gouvernement leur impose.

Adam Smith, après avoir prouvé par les plus solides raisons, appuyéesdè la plus vaste expérience, qu’en tout pays le gouvernement ne peut,sans s’exposer à d’innombrables et à de très fâcheuses erreurs, entre-prendre de diriger l’industrie et les travaux des particuliers, se demandequelle peut être l’action utile du gouvernement dans la société. « Il n’a« que trois fonctions à remplir, répond-il. Elles sont importantes, mais« simples ; et l’intelligence la plus ordinaire suffit pour en comprendre« la nécessité.

« La première consiste à protéger la société contre les attaques ou les« violences des autres nations indépendantes.

« La seconde consiste à garantir chaque membre de la société des ef-« fets de la malveillance et de l’injustice de tout autre membre.

« La troisième consiste à ériger, à entretenir certains établissements

1 L’obéissance des gouvernés est une condition nécessaire de tout gouver-nement, et cette obéissance ne peut être obtenue que par la soumission des 'volontés récalcitrantes. Même dans les gouvernements libres, où le vœu de la jmajorité fait la-loi et confère aux magistrats leur autorité, il faut bien qwftdaminorité se soumette à une volonté qui n’est pas la sienne, à celle de la majorité.