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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE XVI.

mieux administrés et que Ton y jouisse de plus de sûreté que dans lespays où le citoyen est dispensé de les voir et de les payer.r^"üè qui fait que le citoyen obéit aux ordres du magistrat, c’est la certi-tude où il est que le magistrat 11e peut rien lui commander au-delà de ceque la loi prescrit, et qu’après un commandement si juste, tout le monde,au besoin, prêtera son assistance au magistrat. Plus le fonctionnaire publica de latitude dans les commandements qui émanent de lui, moins il obtientd’obéissance. C’est quand ses ordres peuvent être tout-à-fait arbitrairesqu’ils ont besoin d’être soutenus par la force. Un bon gouvernement, aucontraire, peut laisser à chaque citoyen le droit de traduire devant lemagistrat tout homme qui viole les lois et qui trouble Tordre public;-etc’est alors que la police est bien faite, car elle a des surveillants et desofficiers partout où il y a des citoyens, c’est-à-dire, sur tout le territoire,et des officiers qui ne peuvent point opprimer, car ils ne peuvent, s’ils sontdans leur tort, être soutenus par le magistrat. En même temps, ce sontdes officiers très économiques pour l’État; car ils 11e coulent rien. On peutêtre certain qu’en tout pays où la justice est bien rendue, et qui renfermeun grand nombre de citoyens, ils s’en trouve toujours qui réclament l’exé-cution des lois faites dans l’intérêt du public.

Les mauvais gouvernements qui veulent pouvoir les violer quand celaleur convient ne permettent qu’à leurs agents la faculté de réclamerl’exécution des lois; et ces agents, pour se rendre nécessaires et substituerleurs volontés au vœu de la loi, ont soin de faire prévaloir cette opinion.Rien n’est si commun en certains pays que d’entendre un alguazil, un gen-darme, et même un juge, répondre à un citoyen qui prend fait et causepour le public : De quoi vous mêlez-vous ? cela ne vous regarde pas. Rienn’est plus capable de rendre une nation indifférente pour le bien ; chacunalors craint de se compromettre. A Rome, on voit donner un coup de poi-gnard et Ton se garde de le remarquer^

On me dispensera, je pense, de parler des agents payés par le publie,et qui, loin de lui être utiles, compromettent sa sûreté, comme les jugespar commission , les jurés spéciaux, préposés pour accomplir les ven-geances des hommes en pouvoir. Il est trop évident que dans ce cas il y adouble dommage pour le public : d’abord, le mal qu’on fait aux citoyens,et ensuite, la contribution qu’on leur impose pour le payer.

L’ordre social est d’autant plus parfait et les nations sont d’autant plusheureuses que les lois sont moins multipliées et les fonctionnaires publicspeu nombreux. Ce ne sont point les lois et les magistrats qui produisent