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Tome II.
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DÉPENSE DE L’ADMINISTRATION CIVILE.

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les biens au moyen desquels une nation subsiste et jouit. Ils n’y influentqu’indirectement, et ce n’est jamais sans quelque inconvénient. On assu-jettit une cuillère d’argent à une marque nécessaire pour que l’acheteurne soit pas trompé ; mais ce n’est pas cette marque qui fait l’utilité de lacuillère. C’est la façon de l’orfèvre, et celle-là ce n’est point un fonction-naire public qui la donne. La marque, quelque nécessaire qu’elle soit, estune difficulté et une dépense de plus ajoutées à la difficulté et à la dépensequ’exige la fabrication de la cuillère. Ce que je dis de cet ustensile, onpeut le dire de toutes les choses qui servent à la subsistance et aux plaisirsdes particuliers. Ce sont ces choses qui font essentiellement exister la so-ciété et qui améliorent son sort. Les lois et l’administration ne peuventêtre considérées que comme les remèdes que nos maladies rendent né-cessaires, et dont il faut savoir se passer le plus qu’il est possible. La sociétésubsisterait fort bien sans eux; mais elle ne subsisterait pas sans lesvivres, sans les abris, sans les vêtements que ses propres citoyens, muspar leur simple intérêt, lui fournissent en abondance'.

Si la bonne administration est un mal nécessaire, la mauvaise adminis- \tration est un mal déplorable. Sans doute, les agents de l’administrationdoivent dépendre de l’administration supérieure qui ne peut agir que pareux; mais, lorsqu’ils sont trop indépendants de l’opinion publique, ils se ;montrent moins jaloux de satisfaire le public qui les paie que le prince jou le sénat qui les nomme 1 2 * * 5 . La classe mitoyenne est surtout celle qu’il est |

1 Ce principe, qui n’est que la description d’un fait, renverse le système d’unlivre nommé assez mal à propos Eléments d’économie politique , qu’on attribueà M. d’Hauterive, employé aux affaires étrangères; livre où l’on prétend quel’administration est le plus utile des producteurs, parce que, sans la sûreté quel’administration procure, rien ne pourrait se produire. On dit que dans certainspays un voyageur achète d’avance la sécurité de son voyage en payant tributau chef des voleurs : est-on fondé à soutenir que les malfaiteurs, en recevant cetribut, ont contribué aux résultats du voyage? Je sais fort bien que la compa-raison n’est pas juste sous un rapport, et que le magistrat ne fait pas naître lemal pour avoir occasion de le guérir; mais on ne peut pas dire que le mal et leremède soient en aideaux voyageurs.

2 Le mot de Pope si souvent cité :

For forms of governmenl lel fools'contest ;

Whate'er is best administer’d is best.

Es-say on man, Ep. 3.

ue signifie rien. On sait bien qu’une bonne administration est l’essentiel; mais