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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE XVI.
J avantageux de consulter. La vérité parvient plus facilement jusqu’à elle,
: surtout dans les lieux où la presse est libre; elle est pourvue d’un grandnombre d’yeux; les intérêts privés, les recommandations puissantes ontmoins,d’empire sur elle'.
Les fonctions publiques peuvent en certains cas être mises au concours,et il s’en est offert à nous, messieurs, plusieurs exemples que je vous aifait remarquer; mais dans beaucoup d’autres cas, ce mode présente tropd’inconvénients, et même devient tout-à-fait impraticable. Il suppose queles juges du concours ont toute la capacité nécessaire pour juger les con-currents. Les fonctions publiques exigent des qualités sur lesquelles unconcours ne donne aucune garantie. Que peut-il apprendre sur l’intégrité,le désintéressement, la diligence habituelle d’un candidat? sur son cou-rage civil, sur cette qualité si rare et si nécessaire à un administrateur,au moyen de laquelle il fait ce qu’il juge être bien, même alors qu’il y adu risque à le faire? Quelque indice qu’on ait des mérites d’un candidat,la bonne réputation en est un qu’il n’est jamais permis de mépriser.
Les républiques italiennes du moyen-âge, ne voulant pas obéir à unconcitoyen et redoutant sa partialité, faisaient souvent venir des étrangerspour les administrer. Gioja dit que la ville d’Agudio s’était fait une répu-tation pour les bonnes qualités des fonctionnaires publics qu’elle fournis-sait'; mais s’il y a quelques avantages à suivre un pareil exemple, il s’ytrouvebeaucoup d’inconvénients; l’histoire de l’Italie, à cette même époque,en fournirait plus d’une preuve. Une pays n’est jamais bien gouverné, nibien défendu, que par ses enfants.
C’est à la constitution de l’État à résoudre ces diverses difficultés; je nepeux que montrer ici les effets économiques des diverses suppositions.
comment avoir une bonne administration avec un mauvais gouvernement? Debonnes institutions politiques dépendent d’une science particulière qui n’estqu’un embranchement de l’économie des nations; c’est-à-dire de la politiquepratique, de celle qui est fondée sur la nature des choses sociales, et qui en dé-duit les conséquences par le raisonnement et l’expérience.
1 Aux États-Unis, d’après une loi du 27 avril 1816, le gouvernement doit pu-blier une fois tous les deux ans une liste générale de tous les employés et sala-riés civils, militaires et marins, qui reçoivent un traitement de l’État. Cetteliste doit indiquer les fonctions et les émoluments de chacun d’eux, le lieu deleur naissance, et celui de leur résidence ordinaire. Warden, tome V, page 386.
2 Nuovo prospello delle seiense economischc, tome I, page 288.