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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE

CHAPITRE XVIII.

nement est obligé d’employer de mauvais moyens pour arrêter et fairecondamner des gens qu’absout la conscience publique. Tibère ne pouvaitse maintenir qu’à force de délateurs, déjugés et de bourreaux. Trajann’en avait pas besoin.

'“'"La plupart des crimes qui se commettent dans la société ont leur sourcedans la misère. Les gens riches ne sont pas plus vertueux que les indi-gents; mais ils ont plus de moyens de se satisfaire sans préjudice pourautrui ; ils sont fort intéressés à ne pas porter le trouble dans la société ;ils ont trop à perdre quand ils s’exposent à des châtiments où même à desscandales. Il serait à désirer que nul, dans la société, ne fût assez malheu-reux pour n’avoir rien à regretter dans son existence. Quand il se trouveparmi le peuple des hommes dans un tel étal de gêne, qu’ils ne peuventsubsister que par un crime, il n’est aucun individu qui ne soit exposé danssa personne ou dans ses biens. Pour faire une peuple de conquérants, ilfaut des citoyens pauvres et fanatiques. Pour faire une nation vertueuseet tranquille, il faut des citoyens aisés et heureux. Les meilleurs leçonsde morale que l’on puisse donner à un peuple sont des leçons d’économie

CHAPITRE XVIII.

Dépenses que fait un État pour sa défense.

La paix est si nécessaire au développement des facultés uiilesde l'homme,qu’il est presque toujours dans l’intérêt des nations de se maintenir dansl’état de paix. On ne peut raisonnablement considérer les forces militaireset les dépenses de la guerre que comme des moyens fâcheux, mais indis-pensables, de vivre en paix. Les guerres pour conquérir et les guerrespolitiques sont, de la part des gouvernements qui les ordonnent ou lesrendent inévitables, de véritables crimes commis contre les peuples* ; et

’ Les mauvais ministres rendent souvent les guerres inévitables pour serendre eux-mêmes nécessaires. Ce fut la politique de Louvois. Quelquefois ungouvernement ne voulant pas satisfaire aux vœux des nations, suscite une guerrepour occuper l’attention publique. Les guerres, en multipliant les dépenses,augmentent le patronage et les moyens de corruption des gouvernements. Ellesfont taire les oppositions en rendant nécessaire une grande énergie d’action.