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Tome II.
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SYSTÈME AGRESSIF ET SYSTÈME DÉFENSIF.

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des relations amicales, et beaucoup à perdre dans le cas contraire. Le pro-grès des lumières doit donc tourner l’opinion à la paix, et le progrès dusystème représentatif doit assurer l’empire de cette opinion. Un gouver-nement militaire qui voudrait ne tenir compte que de la force matérielle,n’obtiendrait probablement pas de succès durables dans ce siècle et se-rait honni dans les siècles suivants.

Ces réflexions sur l’état moral des peuples et le degré d’avancement oùils sont parvenus doivent entrer pour beaucoup dans l’adoption du systèmemilitaire qui convient à une nation.

CHAPITRE XIX.

Du système agressif et du système défensif.

Les nations veulent être indépendantes; elles veulent jouir de l’entierdéveloppement de leur facultés. Mais celle qui, sous prétexte d’être enmesure de se défendre au besoin, organiserait des armées propres à porterla guerre au dehors, aurait un établissement militaire dispendieux et quila protégerait mal.

Dispendieux, en ce que, pour porter la guerre dans l’étranger, il faut desarmées lestes et formées de longue main ; des armées permanentes etdont les soldats ne s’occupent d’autre chose que de la guerre. Il faut desattirails nombreux, des ponts volants, des hôpitaux ambulants, doublequantité de munitions ; car on doit s’attendre à des gaspillages, à des pertesénormes. Un canon de gros calibre sur un rampart ne coûte jamais aucuntransport, et ses munitions ne sont pas obligées de le suivre; tandis qu’unepièce de siège réclame le service de 48 chevaux, sans compter les hommesdu train. « Les grandes armées, dit Dupont de Nemours, sont encore plus« funestes à la nation qui s’épuise pour les mettre en campagne qu’à« l’ennemi qu’elles sont destinées à combattre ‘. » Les vaisseaux de guerre,qui sont des moyens d’agression bien plus que de défense, sont d’une dé-pense énorme et d’autant plus regrettable que cette machine gigantesque etcoûteuse, oùsesonlépuiséslousles efforts dugénieindustriel de l’homme,est bornée dans sa durée à quinze ou vingt ans, même lorsqu’elle n’a es-suyé aucun accident.

Fhysiocralic , page 166.