SYSTÈME AGRESSIF ET SYSTÈME DÉFENSIF.
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Mais admettons le cas où les premiers moyens de défense ont été insuf-fisants, et où l’ennemi a pénétréjusque dans notre intérieur. Sa perle n’enest que plus certaine, et le renouvellement d’un pareil malheur d’autantplus éloigné. Rien n’est plus dangereux que de s’avancer daus un paysennemi et armé, pourvu toutefois que son gouvernement jouisse de la con-fiance et de l’amour du peuple, condition que j’ai reconnue pour être in-dispensable. Voici un extrait textuel des instructions données par Frédé-ric II, roi de Prusse, aux officiers de ses armées : le témoignage d’unaussi grand capitaine est de quelque poids en ces matières :
« Si je n’avais pour objet que ma gloire, dit-il, je ne ferais jamais la« guerre que dans mon pays, à cause de tous les avantages que j’y trouve-« rais. Chacun y sert d’espion, et l’ennemi ne saurait faire un pas sans« être trahi. On peut hardiment faire sortir de gros détachements et leur« faire jouer tous les tours dont la guerre est susceptible.
« Si l’ennemi est battu, et il Test toujours en quelques rencontres,« chaque paysan est soldat pour le harceler. L’électeur Frédéric Guillaume« en fit l’épreuve après la bataille de Fehrbelin. Les paysans tuèrent plus« de soldats qu’il n’y en eut de tués dans le combat. Moi-même je l’ai vu« après la bataille de Hohen Friedberg, où les habitants des montagnes de« Silésie nous amenèrent beaucoup de fuyards de l’armée autrichienne'. »
Voilà un homme de guerre qui avoue que, s’il n’eùt combattu que poursa gloire, c’est-à-dire, pour le succès, il n’eùl voulu combattre que dansson pays. Plus loin, dans les mêmes instructions, il recommande de re-| muer le ciel et l'enfer dans le but d’avoir pour soi le pays où Ton fait laguerre.
Remarquons que l’ennemi qui nous fait la guerre (si dans une telle si-tuation il en est d’assez mal avisé pour cela) 11 e peut étendre ses ravagesau loin, pour ne pas disperser son armée dans un pays si dangereux pourlui; qu’il doit laisser des corps nombreux sur sa route à mesure qu’ilavance et pour assurer ses communications; et que, si une fois elles sontcoupées, il est perdu.
Et qu’on ne cite pas ce qui est arrivé en France comme une preuve del’impossibilité où sont des bourgeois de se défendre contre des troupes ré-^glées. Ronaparte avait réduit les forces de la France à ses seuls soldats;il les avait fait périr de froid et de faim ; et, après avoir privé la nation de
' Instruction militaire du roi de Prusse pour ses généraux, traduite parM. Faesch, lieutenant-colonel dans les troupes saxonnes, page 86 et 89.
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