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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE XX.

ses plus solides défenseurs, il avait indisposé contre lui la partie éclairéeet industrieuse de la France, par scs guerres, par ses conscriptions, sesimpôts et son despotisme ; enfin, même au comble de ses sottises, il seserait sauvé s’il eût fait lever la nation en masse ; mais il redoutait plus laliberté des Français que la coalition des étrangers, et il en a été cruelle-ment puni'.

CHAPITRE XX.

De la défense de l’Etat par des milices.

Si les armées permanentes sont accompagnées d’inconvénients majeurset de dangers; si, d’ailleurs, elles sont inefficaces pour assurer aux nationsla sécurité dont elles ont besoin contre les attaques extérieures, les nationspourront-elles obtenir cet avantage par leurs milices; c’est-à-dire, parlemoyen de leurs propres citoyens réunis accidentellement pour défendreleur indépendance, et organisés de manière à reprendre, aussitôt que ledanger est passé, la vie sédentaire et le cours ordinaire de leurs occupa-tions? Cette question à souvent occupé les publicistes, et meme beaucoupde militaires distingués habitués à joindre la théorie à la pratique de leurart. S’il est possible à un grand État de se défendre des attaques exté-rieures par le moyen de ses milices, il est vivement sollicité par ses inté-rêts pécuniaires et politiques de préférer ce moyen. Économiquement, ilest désavantageux de faire d’énormes dépenses permanentes dans le seulbut de pourvoir à des nécessités éventuelles. Politiquement, il est impru-dent de mettre de grandes forces en des mains qui peuvent en abuser.

Les milices ne sont sujettes à aucun de ces deux inconvénients. On nesaurait en abuser; et leur emploi ne jette pas l’État dans de grands frais,lorsque l’État peut se passer de leur secours. II s’agit seulement de savoirsi elles peuvent répondre au but qu’on s’en propose.

L’art de la guerre est devenu plus compliqué au sein d’une civilisationplus avancée. Plusieurs parties de cet art exigent maintenant des connais-sances, des talents, une longue pratique, qui ne peuvent se rencontrerdans les milices nationales composées d’hommes qui tous exercentou sont

’ Voyez les Mémoires de Fleury de Chaboulon, de Fain, et tous les Mémoiresde l’époque.