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Tome II.
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DE LA DÉFENSE DE L’ÉTAT PAR DES MILICES.

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appelés à exercer d’autres professions. L’artillerie, le génie, la cavalerie,veulent des hommes instruits de longue main et qui cousacrent leur vieentière à la profession des armes. Sans cela, on aurait trop d’inférioritéen combattant un ennemi armé des progrès de cet art. II faut donc avoir,en permanence, de ces corps instruits que Tonne peut pas former au mo-ment du besoin. Cependant, on peut remarquer que, dans le système pu-rement défensif, ils n’ont pas besoin d’être aussi considérables que lorsqueTon veut à la fois défendre les places de l’intérieur et attaquer celles del’ennemi.

Je laisse aux hommes du métier le soin de développer les meilleursmoyens de tirer parti des milices pour la défense du pays. Des militairesexpérimentés ont donné leurs vues à ce sujetet à mesure que le systèmedéfensif se répandra, on ne peut pas douter que l’art de se défendre nese perfectionne comme tous les autres. Alors, il deviendra bien plus diffi-cile encore d’entamer une nation qui saura disposer de tous ses moyens àson plus grand avantage 1 2 .

Déjà Ton paraît convenir qu’il serait à propos de diviser les milices engardes nationales mobiles et en gardes nationales sédentaires; les pre-mières, composées de jeunes gens de 20 à 25 ans, qui ne sont point encorechefs de familles et chefs d’établissements, et qui peuvent tenir la cam-pagne et se porter à l’endroit du danger; l’autre partie, composée de tousles autres citoyens, et surtout de ceux qui, sans un notable dommage, nepeuvent s’éloigner de leurs établissements et de leurs familles. Ceux-ci fontla garde municipale et opposent à l’ennemi une population armée qui sou-tient l’armée mobile en quelque endroit du pays que l’ennemi se présente.

1 C’était l’opinion de Machiavel. Guibert, dans sa Tactique , soutient que lesmilices suffisent pour défendre lin État. 11 se déclare contre les places fortes.De nos jours , le général Tarayre a professé la même doctrine.

2 Les progrès des sciences paraissent devoir être favorables au système dé-fensif. Si par exemple on parvient à faire usage de l’artillerie à vapeur, où lespièces de canon peuvent lancer des centaines de projectiles par minute, ce serabien plutôt dans les places fortes que dans les armées en campagne. Si les moyensde destruction venaient à se multiplier beaucoup sur mer, une chaloupe canon-nière embossée pourrait braver un vaisseau de ligne. La poudre à canon a fa-vorisé il est vrai les agressions des Européens dans les deux Indes ; mais c’estparce que les différentes parties du monde étaient encore trop étrangères lesunes aux autres pour que les découvertes pussent rapidement se répandre.