SEPTIEME PARTIE. — CHAPITRE XX.
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Remarquez l’économie que l’on trouve dans cet État militaire comparéà celui de la plupart des grandes puissances de l’Europe. Ici, le trésor nese trouve chargé que de l’entretien des corps d’élite (de moitié moinsnombreux que dans le système offensif) et de gardes mobiles qui, lorsquele pays ne serait pas menacé, pourraient être forts réduits en nombre, et netenir la campagne que deux ou trois mois chaque année pour leur instruc-tion. On ne serait tenu de les nourrir et de les solder que dans ces mo-ments-là. Pendant le reste de l’année, on n’aurait à entretenir que lescadres de ces bataillons où se conserverait le dépôt de l’instruction.
Toutes les gardes nationales sédentaires ne coûteraient rien au publicet coûteraient fort peu aux familles. L’équipement et les armes dont cha-cun se fournil dans ces cas-là sont des dépenses qui se perdent dans lasomme des dépenses privées, et sont sujets à peu de renouvellement àcause du soin particulier que chacun en prend; et quant au temps qu’ilfaut consacrer au service, il se perd de même dans celui que chacun con-sacre à ses distractions.
Les établissements militaires, les écoles d’instruction, les magasins demunitions, les hôpitaux militaires, occasionneraient de moins grandesdépenses que dans tout autre système ; et, dans toutes les parties, le gas-pillage serait beaucoup moindre.
En joignant ces considérations à celles du chapitre précédent, on peutdonc affirmer que les nations qui adopteraient un système purement dé-fensif jouiraient de beaucoup plus de sécurité et feraient moins de fraispour l’obtenir.
Si les milices offrent un moyen suffisant de préserver les nations desattaques extérieures, à plus forte raison sont-elles propres à les défendredes entreprises du dedans. Les séditions ne sont jamais plus sûrement ré-primées que par une force qui est partout, et q ui est fort in téressée au main -tien du bon ordre. Elles ne sont nulle part plus dangereuses que dans lesÉtats despotiques, défendus par des armées de sicaires. Ici, les exempless’offrent en foule, et il est superflu d’en citer’.
1 Les gardes nationales sédendaires ne peuvent suffire à la police quand legouvernement est mauvais, c’est-à-dire quand le plus grand nombre des citoyensest exploité au profit du petit nombre, parce qu'alors les citoyens défendent malun ordre de choses qui leur est contraire. A de certaines époques des gouverne-ments ont cru pouvoir s’en servir en nommant tous les officiers et en ôtant la