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Tome II.
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DÉPENSE D’UNE MARINE MILITAIRE.

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Je vous prie, messieurs, de ne pas confondre le système d’armer touteune nation dans ses milices, avec le projet extravagant de rendre touteune nation militaire; c’est-à-dire, d’en former des corps mobiles et aguerrisprêts à soutenir des intrigues diplomatiques et l’ambition d’un despote.Cette folie n’a jamais pu entrer que dans des têtes absolument étrangèresà l’économie sociale. Un agriculteur, un manufacturier, un négociant, unartisan, un ouvrier, un médecin, et toutes les autres professions utiles,travaillent à procurer à la société ce qui la nourrit et la conserve : unsoldat détruit ce que les autres produisent. Changer les classes produc-tives en classes destructives, ou seulement donner plus d’importance auxdernières, et vouloir que tout homme soit soldat avant tout, c’est considérerl’accessoire comme le principal ; c’est accorder la préséance à la disettequi fait mourir, sur l’abondance qui fait vivre. Une nation de soldats nepeut subsister que de brigandages; ne produisant pas et ne pouvant faireautrement que de consommer, elle doit nécessairement piller ceux quiproduisent; et après avoir pillé tout ce qui se trouve à sa portée, amis etennemis, régulièrement ou tumultueusement, elle doit se dévorer elle-même. L’histoire nous en fournit des preuves sans nombre.

CHAPITRE XXI.

Dépense d’une marine militaire.

Dans la situation des peuples de l’Europe moderne, on demande si unearmée navale est une armée bien entendue. Plusieurs bonnes raisons peu-vent être données pour et contre, et ces raisons ont plus ou moins de poids,selon la situation géographique d’un peuple et la nature de ses relations.

Depuis que les contrées d’outre-mer ont été mieux connues et que lesprogrès de la navigation ont lié par le commerce les lieux les plus distants

disposition de ces forces aux autorités municipales ; cependant on n’a jamais pu; les faire concourir à de mauvais desseins ; et sous un bon gouvernement lesj gardes municipales ont toujours suffi pour maintenir le bon ordre. Quand on estl gouverné dans l’intérêt du pays, les auteurs des désordres sont en si faible mino-i rite, que les premiers citoyens venus, mêmes sans armes, suffisent pour les mettresous la main des magistrats. Aux États-Unis, il n’y a ni gendarmes, ni gardes: nationaux pour maintenir l’ordre, et nulle part il n’est mieux maintenu.