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SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE XXI.
du globe, les pays maritimes de l’Europe ont couvert les mers de leursnavires marchands. Si le premier devoir de l’État est de protéger ses ci-toyens, il doit se ménager les moyens d’envoyer des forces aussi loin queses bâtiments de commerce peuvent aller. Il serait pourtant insensé deprétendre que ce devoir s’étendît indéfiniment. Le gouvernement n’estpas obligé de porter du secours partout où il plaît à l’esprit de trafic des’aventurer, ni de faire une dépense de dix millions pour protéger un gainde dix mille francs. L’État ne doit sa protection à ses citoyens que lorsquele droit des gens et ceux de l'humanité ont été violés à leur égard. C’est àleur prudence à prendre des précautions contre les autres risques, et à lesbraver s’ils ont des motifs suffisants.
Quant à futilité d’une marine militaire pour la défense de nos côtes, jerépondrai ce que j’ai répondu au sujet d’une invasion de terre : que lesmilices soient organisées de manière à se réunir promptement, et que lanation ait des institutions qu’elle aime et qu’elle veuille sérieusement dé-fendre, et je 11e pense pas qu’un débarquement soit à redouter. L’ennemi,s’il eu était d’assez fou pour attaquer une nation qui offrirait aux étran-gers les avantages d’une libre communication avec elle, aurait plus àperdre qu’à gagner en opérant un débarquement qui 11e pourrait jamaisamener aucun résultat important.
Je 11’exclus pas, au reste, les défenses usitées aux endroits où la côteest plus accessible : les forts, les batteries et les chaloupes canonnières. Jeregarde seulement de nombreuses escadres, dont chaque bâtiment coûteplus d’un million et ne dure que peu d’années, comme trop peu utiles àune nation pour l’indemniser des sacrifices qu’elles exigent.
Les grandes armées navales sont peu utiles à la défense du commerce,qu’elles ne préservent pas contre la petite guerre que lui font les corsaires,guerre qui, pour le commerce, est la plus redoutable. Les petits bâtimentsde guerre sont plus propres à détruire les corsaires Le système des cor-
1 Ou peut opposer à ce qui est avancé ici que, dans la guerre du commencementde ce siècle, la marine anglaise, en détruisant celle de scs ennemis, a préservéles bâtiments de commerce de sa nation; mais à quel prix? D’ailleurs il n’estpas exact de dire que le commerce anglais ait été préservé par cette puissantemarine, et de semblables combinaisons politiques ne se représenteront plus.Déjà plusieurs fois la seule crainte d’une guerre avec les États-Unis a fait trem-bler le commerce de la Grande-Bretagne. Que sera-ce quand plusieurs nouvellescl grandes puissances maritimes sillonneront les mers?