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Tome II.
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SEPTIEME PARTIE. — CHAPITRE XXI.

Déjà nous entrevoyons l’entière destruction d’une source féconde endiscordes sanglantes dans l’affranchissement des colonies. Tous les paysauxquels nous donnons encore ce nom seront indépendants, selon touteapparence, avant le siècle révolu, et seront intéressés à entretenir delibres relations de commerce avec l’Europe, comme l’Europe avec eux '.

La diplomatie est une autre source de querelles. La paix est l’intérêtconstant de toutes les nations, parce que c’est dans la paix que s’entre-tiennent les communications utiles au commerce, aux sciences et aux arts.Un système purement défensif n’est pas tont-à-fait aussi favorable auxministres et aux négociateurs, dont la politique est de se rendre néces-saires. La diplomatie complique les intérêts des peuples avec les intérêtsde famille des princes et avec ceux des ministres. On sait que la funestealliance de la France avec l’Autriche, en 1756, et les désastres de Rosbacheurent pour première cause un vers du roi de Prusse contre le cardinalde Bernis, alors ministre 1 2 * * .

Le vrai moyen de conserver la paix est d’être juste envers les étrangers,de ne point prétendre à leur imposer sa politique et ses vues, et d’êtrepréparé à se lever en masse contre toute espèce d’invasion. Il n’est pasnécessaire d’avoir des ambassadeurs pour cela. C’est une des antiquessottises dont le temps fera justice 5 .

1 Les colonies d’Asie seront plus longtemps dépendantes que les autres, parceque la grande population des pays orientaux y rend la situation des Européensplus précaire, et les oblige de recourir à la protection de leur métropole. On nepeut ni détruire les Asiatiques comme on a fait des indigènes de l’Amérique, niles ployer aux mœurs européennes qui amènent nécessairement l’indépendance.Les colonies d’Afrique, en partie parles mêmes raisons, seront longtemps dé-pendantes; mais finalement tout s’affranchira, parce qu’il est contre la naturedes choses, et contre l’intérêt des hommes, qu’ils obéissent à des gens qui ha-bitent un autre climat et qui ont d’autres intérêts que les leurs.

2 « Evitez de Bernis la stérile abondance. »

r ' Mon intention n’est pointd’humilierles agents diplomatiques, qui, sauf dans

les ambassades d’apparat, présentent un fort grand nombre d’hommes d’un très

grand mérite, et parmi lesquels il en est beaucoup qui partagent les sentimentsexprimés dans le texte. D’ailleurs la suppression de l’inutile dépense des am-bassades d’apparat ne donne que plus d’importance aux consuls de commerce,agents nécessaires, recommandables, et qui souvent ont fait preuve d’un coura-geux dévouement aux intérêts de leurs concitoyens. Ils devraient peut-être à