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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE XXII.

la jouissance qui en résulte soit un profil suffisant du capital employé. Lajouissance, dans ce cas, peut être appréciée par le loyer que ce place-ment est capable de rendre.

On n’a pas une règle aussi sûre pour apprécier la jouissance qui résulted’un pont au milieu d’une ville, construction dont la ville ne peut tireraucun loyer cependant cette jouissance est réelle; on la paierait s’il fal-lait absolument la payer; et comme elle est mise à la portée de ceux quine pourraient en faire la dépense s’il fallait la payer, nous devons la con-sidérer comme un accroissement de jouissances équivalent à un accrois-sement de revenu pour la classe peu fortunée de la nation. Les établisse-ments d’utilité publique sont ainsi une accumulation forcée, prise engénéral sur les biens des citoyens proportionnellement û leurs facultés,et distribuée en jouissances à la classe peu fortunée, non en proportionde ses facultés, mais en proportion du besoin qu’elle a de ces établisse-ments. Ils sont essentiellement bienfaisants, et c’est à juste litre que l’on aune grande opinion d’un peuple qui possède beaucoup de constructionsd’une utilité générale et reconnue.

La plupart des établissements publics occasionnent à une nation d’autresfrais encore que ceux de premier établissement. Les dépenses qu’on faitpour les malades d’un hôpital sont des dépenses différentes et le plussouvent bien autrement considérables que celles qu’exige l’entretien dubâtiment. Ces dépenses seront jugées quand nous examinerons celles queTon consacre aux secours publics.

Une considération générale domine ce sujet : pour qu’on puisse ap-prouver les établissements formés aux dépens du public, il faut qu’il eurésulte, pour le public, un bien équivalent aux sacrifices qu’on lui imposeà ce sujet, et quoique les frais de premier établissement soient un place-ment plutôt qu’une dépense, le public est en droit d’exiger de ceux quistipulent pour lui ce placement forcé, que l'avantage qu’il en retirera soitl’équivalent, tout au moins, du revenu qu’il a droit d’en attendre.

Napoléon a dépensé cinquante millions de francs pour achever le Louvreet construire une galerie correspondante à celle qui joint ce palais à celuides Tuileries; et malgré l’énormité de cette somme, l’entreprise est loin

1 Un péage établi sur le passage du pont ne donnerait qu’une idée impar-faite de la jouissance que le public retire d’un libre passage ; car un péage donnel’idée de ce que vaut le pont pour ceux qui peuvent le payer, mais ne donne au-cune idée du service qu’il rendrait à ceux qui ne sont pas en état de le payer.