DÉPENSE DES ROUTES.
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supprime, ce ne sont plus les magistrats qui connaissent le mieux l’af-faire qui en décident, c’est celui qui la connaît le moins'.
Il consulte les autorités locales, dira-t-on. — Mais en supposant qu’ilsuive leur avis plutôt que ses vues ou celles de ses bureaux, la responsa-bilité ne pèse plus sur ces autorités locales; ce ne sont plus elles qui re-cueillent l’honneur ou le blâme ; la chose s’exécute mollement, avec len-teur, ne se commence pas où ne s’achève jamais. Il ne faudrait pas enconclure que des constructions qui intéressent tout l’empire, comme destravaux d’art placés sur la ligne des grandes communications, dussentêtre décidées par les autorités locales. Les localités ne doivent pas seulesen faire les frais, puisqu’elles ne sont pas seules appelées à en jouir, et ilse pourrait qu’elles consultassent l’intérêt de la localité préférablement àl’intérêt général.
CHAPITRE XXIII.
| Dépense des voies de communication, et particulièrement des routes.
| C’est la facilité qu’ont les hommes de communiquer entre eux qui estj le premier fondement de la société. Si des obstacles insurmontables s’op-posaient à leur communication , chaque individu de notre espèce, isoléde tous les autres, serait, quant à la satisfaction de ses besoins et quant àses jouissances, immédiatement au-dessus du singe, et au-dessous despeuplades les plus sauvages que nos voyageurs aient jamais rencontrées ;car celles-ci du moins ont un langage, mettent quelques efforts en communet jouissent d’un commencement d’état social,i Les moyens par lesquels les hommes communiquent entre eux sont
j ' Par une fiction qui me semble difficile à justifier aux yeux de la raison,
J les communes en France sont considérées comme des mineurs, et ne peuventj décider de leurs intérêts sans l’approbation du gouvernement. Si les communes! nommaient leurs magistrats municipaux et que le concours d’un certain nombre\ d’entre eux fût nécessaire peur valider leurs décisions, il est probable que leursintérêts seraient en de meilleures mains que dans celles des bureaux d’un mi-; nistre ou d’un commissaire nommé par lui, moins intéressé que les habitants; de la localité à ce que la chose soit faite promptement et bien. Il est rare queles fictions politiques soient bonnes à quelque chose.