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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. ~ CHAPITRE XXIII.

la faculté de se mouvoir, pour se rapprocher les uns des autres ; la parole,pour se communiquer leurs pensées quand ils sont en présence ; l’écritureet l’impression, pour se les communiquer à distance.

Nous ne nous occuperons pas encore dés moyens qu’a le corps socialde favoriser la communication des pensées; je vous ferai seulement re-marquer, messieurs, que ce serait en vain que les hommes auraient la fa-culté de s’entendre par la parole ou par l’écriture, s’ils étaient privés dela faculté de se mouvoir les uns vers les autres, car il faut pouvoir seréunir pour'se parler, et il faut que quelqu’un puisse aller d’un lieu àl’autre pour y porter nos lettres et nos livres. j

Remarquez encore que, lorsque, par l’effet de la sociabilité, l’homme Sest parvenu à créer des produits, lorsqu’il sait introduire dans leur fa- |bricalion une grande subdivision des travaux, il a besoin de transporter, joutre ses pensées, la plupart de scs produits qui ne se fabriquent pas |dans les lieux où ils se consomment. !

De là l’immense importance des moyens matériels de communication et de jtransport, et l’intérêt qu’a la société de les faciliter. Ou pourrait dire qu’un jpays n’est civilisé qu’à proportion des moyens de communication qu’on y 'trouve.

La nature nous ayant donné la faculté de nous mouvoir, il semble qu’ellenous a tout donné à cet égard; mais quand on entre dans un examen attentif Idu sujet, on s’aperçoit qu’en nous donnant cette précieuse faculté, elle a semé ;

sous nos pas des difficultés sans nombre. Dans les climats qui ne sont ni des- iséchés par un soleil trop ardent, ni glacés par l’obliquité de ses rayons, elle a ;semé une multitude de végétaux qui bornent notre vue et arrêtent nos pas. !Dans les déserts de l’Arabie et de l’Afrique elle n’a point préparé de fontainesni de ruisseaux pour nous désaltérer; presque nulle part elle n’a placé spon- ilanémeut des vivres pour nous soutenir dans nos voyages. Les terres quenous devons traverser sont quelquefois coupées par des rivières, des ma- :rais, des chaînes de montagnes, et la mer nous offre un obstacle invincible, jjusqu’à ce que notre art en fasse le plus utile des moyens de transport.

Partout nous trouvons des obstacles à surmonter, sans compter ceuxque notre impéritie a, fort mal à propos, ajoutés à tous les autres ; telsque les difficultés qu’une fausse politique oppose à l’introduction des jmarchandises étrangères, et même quelquefois à la circulation des pro- jduils intérieurs, tels que les octrois à l’entrée des villes, les péages, les Iretards, les passe-ports, les avanies, tous les inconvénients qui résultentdu trop ou du trop peu de police. j