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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE XXI11.
demande qui résulterait d’un prix plus accessible, et vous pourrez vousformer une idée approximative de l’avantage qui résulte, pour tout un pays,des voies ouvertes aux communications.
Je n’ai pas ajouté qu’une bonne route ferait baisser, dans le pays de lamontagne, le prix des produits de la plaine; le prix, par exemple, desdenrées coloniales que le commerce y amène. Supposons que, l’une por-tant l’autre, ces marchandises, au moyen d’une facile communication,baissassent de 10 pour cent dans la montagne : si les montagnards enconsommaient pour cent mille francs, ils auront les mêmes marchandisespour 90 mille francs; parlant ils auront de plus tous les ans une sommede 10 mille francs qu’ils pourront employer à l’achat de tout autre objet,suivant leurs désirs, ou à la consommation d’une plus grande quantité dedenrées de la plaine, si tel était leur plaisir. Les revenus du pays sont doncaccrus de dix autres mille francs.
Et remarquez, messieurs, que je n’appelle jamais augmentation derevenu ce qui n’est donné aux uns qu’aux dépens des autres. Si les mar-chands donnent pour 90 mille francs aux consommateurs de la montagnece qu’ils étaient obligés de leur vendre cent mille, c’est parce qu’ils fonten effet pour 10 mille francs de moins de frais de transport. Ils gagnenttout autant sur la marchandise, et les dix mille francs épargnés sur lesfrais ne diminuent pas les profits généraux de la société ; car ces dix millefrancs épargnés d’un côté sont dépensés d’un autre, et ce qu’ils achètentpaie également des services productifs.
Toutes ces augmentations de revenus, dues à des communications plusfaciles, sont véritablement incalculables dans un grand Etat. Louis XIVa fait de très grands frais, de trop grands frais pour l’établissement desprincipales routes de France ; moins fastueuses, elles auraient été mieuxconfectionnées et plus aisément entretenues; de mauvais chemins vici-naux réduisent de moitié, peut-être, les services qu’elles pourraient rendre.Néanmoins, malgré les sommes considérables qu’elles ont coûté et cequ’elles laissent à désirer, je suis convaincu qu’elles ont procuré à la na-tion française des avantages fort supérieurs à la dépense.
Il me semble qu’en Angleterre on est trop porté à croire qu’un édificepublic, un pont, un canal, un bassin de navigation qui ne rapportent pasl’intérêt des avances et des frais d’entretien qu’ils coûtent, ne méritent pasd’être construits. D’où résulte une sorte de préjugé contre les établisse-ments que les associations particulières ne veulent pas entreprendre, et