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Tome II.
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DÉPENSE DES ROUTES.

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qui ont besoin d’avoir recours à l’appui et aux fonds du gouvernement,c’est-à-dire, de la nation

Si, sous prétexte que les intérêts des avances et les frais d’entretien d’unétablissement public doivent être remboursés par ceux qui en font usage,c’est-à-dire, par des péages, sous une forme ou sous une autre, on détournepar là beaucoup de gens d’en faire usage ; on les prive de cette multitudede fruits indirects qui pouvaient en sortir, et qui, multipliés pendant dessiècles au moyen d’un établissement durable, échappent à tout calcul ;c’est-à-dire, qu’on prive la nation entière de ce qui forme peut-être leprincipal mérite de l’établissement’.

On peut, je crois, sans crainte mettre les moyens de communication,pourvu qu’ils soient judicieusement conçus, au rang des dépenses socialesles mieux entendues. Il en résulte une diminution de frais de productionen général, une baisse de prix pour tous les produits, d’où résulte un gainpour la société. Mais quelle portion de la société doit pourvoir à leur pre-mier établissement, au moins pour ce qui concerne les routes ? Arrêtons-nous un moment sur cette question.

Les chemins sont de plusieurs classes. Quand ils font communiquer en-semble les villes les plus éloignées de l’empire, et surtout quand ils seprolongent dans l’étranger, ce sont ce qu’on appelle de grandes roulesou des routes de première classe. Quand ils font communiquer entre ellesdes villes, mais sans s’étendre au-delà, on les appelle des routes de tra-

' Adam Smith croit qu’une route doit être payée par ceux qui en font usagei et en proportion de l’usage qu’ils en font (liv. Y, chap. I); que si le consoni-; mateur y gagne une diminution de frais de production, au moins doit-il payerles frais nécessaires. Mais ne doit-on pas, du moins dans beaucoup de cas, ran-ger les moyens de communication parmi ces établissements dont Smith lui-même dit ailleurs que, quoique hautement utiles à la société en général, per-sonne en particulier ne se croit assez intéressé à leur existence pour vouloir enpayer les frais ?

’jj’ai déjà’eu occasion de blâmer une instruction donnée par une adminis-tration, d’ailleurs éclairée, où l’on recommandait à un préfet d’élever les péagesd’une rivière, non jusqu’à rendre la navigation aussi dispendieuse que le che-j min de terre, mais de s’approcher de ce point autant que possible. Ou ne s’aper-cevait pas que la navigation n’est pas un avantage parce qu’elle est navigation,ou parce qu’elle rapporte un péage, mais parce qu’elle est beaucoup moins coû-teuse que toute autre voie, et que le péage détruit une partie de cet avantage.

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