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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE XXIII.

verse. Quand ils conduisent d’une ville, ou d’une route, aux campagnesenvironnantes, on les appelle des chemins vicinaux.

Il paraît juste que les provinces ou les départements soient chargésd’entretenir à leur frais, et au moyen d’une subvention levée sur leurscitoyens, la portion des routes de première classe et des routes de traversequi passe sur leur territoire. Elles sont fréquentées, dira-t-on, par desgens étrangers à la province. Ils en jouissent : pourquoi n’en partage-raient-ils pas les frais? Parce que c’est un avantage sujet à réciprocité.Vous voyagez aussi sur les routes des autres provinces et vous n’en par-tagez pas les frais. L’essentiel est que la route soit bien entretenue et aux !moindres frais possibles; or, qui est plus intéressé que les citoyens d’une jprovince ou d’un département à ce que leurs chemins soient tenus enbon état? et en même temps qui est plus intéressé qu’eux à ce qu’on ob- (tienne cet avantage au meilleur marché?

Si le législateur craignait qu’ils n’y missent de la négligence, il pourraitexiger des autorités provinciales que l’entretien des routes fût toujours jdonné à l’entreprise. Payant des entrepreneurs, elles auraient soin d’exi- jger d’eux que leurs engagements fussent bien remplis et les routes bienentretenues.

Si la nation est fondée à obliger les provinces à entretenir leurs routesde première et de seconde classe, elle ne peut, sans injustice, les obliger ià faire les frais de leur premier établissement. C’est une avance dont la <nation tout entière recueillera les fruits, et qui excéderait souvent les fa- jcultés des cantons que la roule doit traverser. Une route, par exemple, jde Paris en Espagne aurait à traverser un des départements les plus éten- .dus, les moins fertiles et les moins industrieux de la France, celui des !Landes. La dépense qu’il aurait à faire serait hors de proportion avec sesressources et avec l’avantage qu’il en retirerait. j

On a proposé de charger les soldats, quand la paix les réduit à l’oisiveté, jd’exécuter certains travaux d’utilité publique. Ils paraissent propres sur- 1tout à ouvrir de grandes roules et à creuser des canaux. Un bataillon qui japlanit un escarpement est plus utile à son pays que celui qui défait uncorps ennemi dans une guerre étrangère. Dans la belle saison, un régi- Jment viendrait camper auprès de la portion de route ou de canal qu’il jaurait entreprise; la haute paie qu’on lui donnerait coûterait moins que jle salaire qu’on aurait à payer à des ouvriers ordinaires; on éviterait ledésœuvrement des garnisons. La portion de la roule ou du canal que Tondevrait à un régiment, porterait son nom. Un monument simple consa-