DÉPENSE DES ROUTES.
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crerait ce service, et relaterait en outre les actions mémorables où ce mêmerégiment se serait distingué. Un ami du bien public voulut, en 1802, ob-tenir de Bonaparte celte mesure d'utilité publique; mais ce chef militairene l’entendait pas ainsi. Sa volonté était de réserver scs troupes pourdompter les nations et non pour les servir; il répondit qu’un pareil ou-vrage ne convenait pas à des militaires français. Il supposait le préjugépour le faire naître. Un prince citoyen n’aurait pas eu besoin du préjugé,et il aurait travaillé à le détruire s’il eût existé.
Quant aux chemins vicinaux, d’après les considérations que j’ai exposéesplus haut, ce serait aux communes dont ils traversent le territoire à les en-tretenir. Mais les corvées sont un mauvais moyen. Si elles sont arbitraireset tombent uniquement sur le cultivateur, comme en France avant la ré-volution, la charge qui en résulte est injuste, inégale, et, par conséquent,odieuse. Si la commune repartit elle-même les travaux qui sont à faireentre ses habitants, ceux-ci cherchent à s’y soustraire à l’envi, et rien nes’exécute. L’état déplorable des chemins vicinaux en France, même auxépoques où le principal pouvoir était entre les mains des municipalités,c’est-à-dire, depuis l’année 1789 jusqu’en 1800, prouve malheureusementqu’on ne peut pas attendre des localités des sacrifices qui seraient pourtantdans leur intérêt. Chacun a peur de contribuer pour plus que sa part à unavantage dont tout le monde devra jouir 1 . Jusqu’à ce qu’une nation soit,même dans ses villages, passablement éclairée sur ses intérêts, peut-êtreconvient-il de mettre, dans chaque province, les chemins vicinaux sousl’inspection d’un magistrat qui, par lui-même ou par ses agents, détermi-nerait, de concert avec le département ou la province, quels seraient lestravaux à faire aux dépens de chaque commune. Ces travaux devraientêtre donnés à l’entreprise, et par préférence aux habitants de la commune,De celle manière, les contributions qu’un village paierait pour cet objetseraient dépensées dans le village même.
L’art de construire des chemins à fait des progrès comme tous les autresarts; dans les pays où on l’entend le mieux, comme en Angleterre, enSuisse, et dans quelques provinces de France, d’Italie et des Pays-Bas,on les fait plus commodes, plus agréables et avec moins de dépenses qu’onne les faisait chez les anciens, et même sous Louis XIV.
1 C’est cette crainte qui explique le proverbe : L'âne de la communauté esttoujours le plus mal bâté.