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Tome II.
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DE QUELQUES AUTRES ETABLISSEMENTS PUBLICS 321

d’assez grands avantages à ceux qui les fréquentent, nationaux et étran-gers, pour qu’on puisse les laisser à la charge de ceux qui en jouissent. Letonnage des navires et la durée de leur séjour fournissent des bases sûreset équitables pour le paiement des droits qui leur sont demandés. Lesbassins artificiels et entourés de larges quais, de hangars, de magasins etde murs qui permettent de décharger des cargaisons et de les rechargeravec sécurité; la facilité d’abréger les séjours et de repartir avant d’avoirterminé les ventes, la commodité des radoubs, etc., sont des avantagesvivement appréciés par le commerce et qui le dédommagent des rétribu-tions au prix desquelles il les achète. L’unique soin du gouvernement doitêtre que ces rétributions soient modérées; car tout ce qui augmente lesfrais de commerce est une circonstance fâcheuse et décourageante pourla production et la consommation , sans l’être au meme degré cependantque des ports inabordables ou dangereux.

Des compagnies peuvent de même se charger, avec beaucoup d’avantagepour le public, de la distribution de l’eau dans les villes, lorsqu’elle n’y estpas amenée par la nature. L’eau est un produit indispensable et général;son prix en conséquence devient promptement une charge très lourde pourles consommateurs. Ou a calculé que les habitants de Paris paient tous lesans, pour la consommation de l’eau seulement, six millions de francs; sanscompter que si son prix pouvait être établi beaucoup plus bas par desmoyens artificiels, la consommation de l’eau serait beaucoup plus considé-rable et plus favorable à la propreté et à la salubrité publiques.

Le transport de cette denrée est toujours fort dispendieux comparative-ment à son prix d’achat, qui est peu de chose ou rien. Ou peut donc re-procher un grand défaut d’industrie à un peuple qui ne sait pas réduirebeaucoup les frais de ce transport ; d’autant plus que la nature a permisque l’eau pût se rendre toute seule à sa destination, moyennant une pentelégère et des tuyaux : deux conditions qui sont à la portée de l’art ; lapente, puisqu’on a cent moyens d’élever l’eau à son point de départ; lestuyaux, puisque Ton connaît plusieurs matières propres à cet usage. Lorsdonc que je vois transporter péniblement une marchandise si lourde et siencombrante à force de bras ou de chevaux, je suis porté à juger quel’industrie est peu avancée.

Beaucoup d’entreprises de ce genre ont mal réussi, dira-t-on. — C’estprouver ce que j’avance : l’industrie est peu avancée. — Le gouvernementn’a pas favorisé les tentatives. — Cette faveur ne devrait pas être néces-

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