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SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE XXV.
saire. — S’il a refusé, s’il a fait attendre les autorisations nécessaires, c’estalors le gouvernement qui est peu avancé '.
J’ai dit que cette espèce d’approvisionnement était très propre à êtrefaite par des compagnies particulières ; or, tout ce qui peut être fait decette manière ne coûte rien au gouvernement, puisque le produit suffitpour rembourser ses frais de production, et lorsque ces frais de productiontombent à la charge du gouvernement, ils s’élèvent et se multiplient cons-tamment. Nous en avons un exemple dans la machine de Marly, destinée,depuis Louis XIV, à fournir de l’eau à la ville de Versailles pour ses usagescivils”.
La machine établie sous le règne de ce prince coûta des dépensesénormes, quoique inconnues, et fut depuis une source féconde de nou-velles dépenses pour son entretien et ses réparations; elle a été, pendantun siècle et demi, un monument de l’ignorance de cette époque-, et ce qu’ily a de pis, c’est qu’après les progrès faits dans les sciences, on a recom-mencé de nos jours, au même endroit, des fautes du même genre, toujourspar la même cause : la manie du gouvernement de faire lui-même ce qued’autres exécuteraient plus avantageusement.
Après tout ce qu’avait coûté l’ancienne machine, la ville de Versaillesétait à la veille de manquer d’eau. Napoléon manda les chefs des ingé-nieurs et les membres de l’Institut les plus savants dans cette partie.
' Une compagnie anglaise proposa, en 1817, de fournir de l’eau à Paris aumoyen de machines à vapeur et de tuyaux de fonte ; mais elle demandait à fournirles fontes qui excéderaient ce que les hauts-fourneaux de France pourraientfournir pendant un certain nombre d’années. Le préjugé de la balance ducommerce et l’ignorance complète des intérêts nationaux firent rejeter cettepro-position. Les maîtres de forges voulurent avoir la fourniture exclusive des fontes ret ils perdirent la vente de celles que la compagnie anglaise offrait de leur acheter.Les ouvriers français perdirent l’emploi qu’une si grande entreprise devait leurfournir; mais ce furent surtout les consommateurs parisiens qui perdirent surl’eau de leur consommation quatre millions par au d’économies; ce qui, à l’époqueoù ceci est écrit, leur a déjà fait perdre soixante millions, sans compter qu’ilsn’ont eu de l’eau qu’avec parcimonie, et qu’ils sont encore à chaque pas arrêtés,accrochés par des porteurs de seaux, par des tonneaux attelés qui usurpent etsalissent la voie publique.
2 Les eaux jaillissantes des jardins de Versailles ne viennent point de la ma-chine de Marly, mais des étangs formés dans les environs de cette résidence.