DES ENTREPRISES POUR COMPTE DE L’ÉTAT.
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Quelle est, leur dit-il, la meilleure machine hydraulique? — Sire, celadépend des circonstances. — U ne s’agit pas de cela : quelle est la meil-leure machine hydraulique? — Mais, sire, si la nature fournit des mo-teurs...— Ce n’est pas lace que je vous demande : quelle est la meilleuremachine hydraulique? —Sire, en prenant la question d’une manièreabstraite, c’est la machine à vapeur. — Qu’on me fasse une machine à va-peur, et que je n’en entende plus parler. — Et il leva la séance.
La machine fut faite ; il en est résulté une dépense de deux millionset demi, et la machine consomme six cent quarante livres de charbon deterre par heure 1 !
CHAPITRE XXVI.
Des entreprises industrielles exploitées pour le compte de l’État.
Les gouvernements sont sujets à établir, à exploiter diverses entre-prises industrielles. Les unes, comme la fabrication des monnaies, letransport des lettres, la manipulation et la vente du tabac, ont pour objetde réserver au fisc, à l’aide du monopole, un bénéfice exagéré ; ce sontdes moyens de lever des impôts. Nous verrons, messieurs, quand nousnous occuperons des contributions publiques, les motifs et les effets decelles de ce genre.
Je vous entretiendrai en ce moment de ces industries pour lesquellesl’autorité publique ne se réserve point de privilèges, et subit la concur-rence de tous les industrieux qui veulent en exercer de semblables. Cessortes d’établissements ne conviennent en aucune façon aux nations; cesont des sources d’abus. On en convient assez généralement ; mais commeun petit nombre d’hommes en profileut, on les soutient ; l’intérêt qui lesdéfend est personnel, actif; l’intérêt public qui les désapprouve est vague,peu concentré. Le public honore ses défenseurs, mais les récompense mal.
Ces établissements sont contraires à l’intérêt public, en ce que, loin
1 Cette machine à vapeur, de la force de 64 chevaux, et qui fournit le doublede la consommation de Versailles, est peut-être le plus bel ouvrage de ce genrequi existe dans le monde. Elle est l’ouvrage de M. Cécile, ingénieur habile, quiavait été membre de l’Institut d’Égypte et collègue d’Horace Say, qui perdit sonbras droit et par suite la vie au siège de Sainl-Jean-d’Acre.