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Tome II.
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DES ENTREPRISES POE R COMPTE DE L’ÉTAT.

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ministrations; mais elle coûte beaucoup plus à l’État que l’État ne dépen-serait si les administrations payaient à des entrepreneurs particulierstoutes les impressions dont elles ont besoin. Elles y mettraient sans douteplus de retenue, et exerçeraient une sorte de contrôle sur le prix.

Lorsqu’un établissement d’industrie privée essuie des perles constanteset annuelles, elles ont du moins un terme. Si l’entrepreneur est assez mau-vais calculateur pour le continuer avec opiniâtreté sur le même plan, il yperd la totalité de son capital, et le mal s’arrête par force quand il n’espas arrêté par la raison. Dans les entreprises nationales, il ne s’arrête ja-mais. Une manufacture qui a perdu cinquante mille francs Tannée dernière,peut en perdre autant cette année-ci et toutes les suivantes, parce quel'administration peut subvenir à ces perles au moyen d’un fonds inépui-sable, étranger à cette manufacture : les impôts. La production des par-ticuliers supplée à la destruction causée par le gouvernement; car touteentreprise qui coûte tous les ans cinquante mille francs de plus qu’elle nerapporte, ne constitue pas une industrie productive, mais une industriedestructive. La manufacture royale de draps de Guadalaxara, en Espagne,au dire de Ustarilz 1 , coûte au roi le revenu de toute la province. Dansson Itinéraire d'Espagne, M. Alexandre Delaborde dit qu’il s’y trouve« un intendant, un directeur, des contadors, des trésoriers, des adminis-« tratours, des inspecteurs, des agents, et une infinité d’autres officiers« subalternes qui coûtent fort cher et ne travaillent point. » En consé-quence, le nombre des métiers, qui allait à plus de mille dans l’origine,s’était réduit à 656 lorsqu’elle fut visitée par M. Delaborde.

Ce qu’il y a de pis, peut-être, c’est qu’un etablissement royal qui déclinenuit à toutes les entreprises particulières du même genre. Un célèbre ma-nufacturier me disait un jtrnr : « Je ne crains pas la concurrence des« autres manufacturiers, quelque habiles qu’ils soient, pourvu qu’ils cal-« culent bien ; car s’ils font de bonnes affaires, pourquoi n’en ferais-je« pas? Je ne crains que la concurrence de ceux qui se ruinent ; car il n’y« à pas moyen de lutter contre eux, et en conscience on ne peut pas les« imiter. »

Le gouvernement n’est guère plus heureux, soit dans son intérêt, soitdans celui du public, lorsqu’il veut aider de son argent les entreprisesparticulières. Il a quelquefois reculé leur désastre; rarement il a décidéleur succès. Un capitaliste a soin de s’informer de la moralité, de l’activité,

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