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Tome II.
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AVANTAGE DE L’INSTRUCTION GENERALE.

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L’enseignement, l’instruction, dira-t-on, ne fait qu’une partie de l’édu-cation, de cet ensemble d’habitudes, bonnes ou mauvaises, d’où résultentles opinions et les actions des hommes. On n’en saurait' douter ; maisl’éducation, les habitudes naissent des institutions, et les institutions sontl’ouvrage des hommes. Les nations qui demeurent incultes, barbares, necréent que des institutions barbares comme elles. Elles en ont de meil-leures quand elles sont plus instruites, quand elles entendent leurs vraisintérêts, quand la nature de chaque chose et les résultats probables dechaque mesure leur sont connus. II n’est aucune nation qui soit jamaisparvenue à ce degré d’instruction; mais elles en ont approché plus’oumoins, et elles ont prospéré en proportion.

Les lumières qui concourent au perfectionnement de l’esprit humainsont diverses et ne sont pas toutes également avancées. Les anciens Grecsavaient porté les beaux-arts à un degré de perfection qui n’a pas été sur-passé ; mais ils n’avaient que des idées imparfaites ou fausses sur l’écono-mie des nations. Les Anglais modernes sont prodigieusement avancésdans ce qui a rapport aux arts utiles ; il est douteux qu’ils le soient autantque les Américains des États-Unis dans la politique pratique, puisqu’ilsgémissent sous le fardeau d’un clergé oppresseur et d’un parlement qui,au lieu de représenter les intérêts nationaux, ne représente en réalité queles intérêts du privilège’. C’esl faute d’avoir su apprécier l’importance denos diverses connaissances que l’on a donné le nom de civilisation àquelques-unes d’entre elles seulement, et que l’on a, comme J.-J. Rous-seau , calomnié les sciences et les lettres. On s’est plaint de ce que leshommes savaient, et il fallait se plaindre de ce qui manquait à leur savoir.Ceci n’est pas une opinion purement théorique : elle a la sanction de l’ex-périence. Les cantons où se trouvent de bonnes écoles primaires four-

1 Depuis que ces ligues ont été écrites l’aristocratie anglaise a montré qu’elleavait fait de grands progrès en politique, et elle a su accorder de bonne grâcetoutes les réformes qu’elle n’aurait pu refuser plus longtemps sans danger pourla tranquillité publique. La réforme parlementaire a été profonde; la libertéreligieuse a pénétré dans les élections. Et si J.-B. Say avait pu prévoir quel’économie politique obtiendrait à son tour, de ce parlement privilégié , sou billde réforme; s’il avait été témoin, comme nous, de ce triomphe des intérêts na-tionaux dans la législature anglaise en même temps que de la défaite réitéréede ces mêmes intérêts dans une assemblée élue par le suffrage universel, il au-rait peut-être exprimé une opinion plus on moins modifiée. 'Note de l’éditeur.)