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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE XXVII.

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Dissent peu d’occupations aux tribunaux criminels ; et parmi Jes gens re-pris de justice, la très grande majorité ne sait pas lire.

Mais quelles sont les connaissances qu’il convient à la société de répan-dre, et quels sont les meilleurs moyens d’y réussir? Voilà des questionsque la nature des choses sociales peut aider à résoudre.

Les choses peuvent nous servir par les propriétés qui sont en elles etnon par ce qui n’est pas en elles. L'eau peut être réduite par la chaleuren une vapeur élastique : voilà une vérité dont nous avons tiré grand parti.Les anciens croyaient et professaient que la zone torride n’était pas habi-table. Ce n’était pas là une de leurs connaissances , c’était une de leurserreurs ; elle ne leur a été d’aucune utilité. Nous nous en sommes débar-rassés; et avec de meilleurs moyens d’observation, nous avons appris,non-seulement que la zone torride est habitable, mais que l’on peut entirer des biens précieux. Dans la morale , pareille observation peut êtrefaite. Les hommes dans leurs actions consultent leur intérêt, ou ce qu'ilsimaginent être leur intérêt. Nous ne risquons pas grand’chose en admet-tant cette proposition comme vraie; mais si nous nous imaginons qu’i/ssacrifient ordinairement leur intérêt particulier à l'intérêt général, celteerreur pourra nous devenir funeste. La vérité nous est utile, même quandelle peut nous être désagréable. L’erreur est dangereuse, même quandelle peut nous flatter.

Vous sentez, messieurs, qu’il n’y a point d’instruction à apprendre cequi n’est pas vrai ; on n’est instruit qu’en proportion du nombre de véritésqu’on sait. J’ajouterai qu’il ne s’agit pas d’enseigner des opinions pour en-seigner des vérités, car les opinions peuvent être fausses. Beaucoup d’opi-nions sont fondées, je le sais ; leur vérité peut s’appuyer sur des preuvesincontestables ; mais alors ce ne sont plus seulement des opinions qu’onenseigne : ce sont des vérités.

L’observation , l’expérience, voilà la base de toutes les connaissanceshumaines. Mais la vie est si courte, nos forces sont si bornées, que lesobservations et les expériences de chaque individu seraient peu de chose,s’il ne les ajoutait à celles qui ont été précédemment acquises. Grâce à laparole, ou à l’écriture qui est la peinture de la parole, nous faisons notreprofit des idées acquises avant nous. Chaque génération s’avance dans lavie, riche du dépôt des connaissances humaines qu’elle accroît et transmetaux générations suivantes ; celles qui leur succèdent l’augmentent à leurtour, jusqu’à un terme qu’il est impossible d’assigner. Et comme une erreurcache presque toujours une vérité, le savoir des hommes s’augmente tout