AVANTAGE I)E L’INSTRUCTION GÉNÉRALE.
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il la fois par les connaissances positives qu’ils acquièrent, et par les er-reurs dont ils s’affranchissent.
Remarquez que nul homme en particulier ne réunit en lui toutes lesconnaissances de son époque. L’un apprend quelles sont les plantes qu’ona observées jusqu’à lui et les parties dont elles se composent; un autrefouille cette mince écorce que nous nommons les entrailles de la terre, etapporte à l’espèce humaine le secours de cent sortes de minéraux; untroisième analyse la structure de notre corps, etc.; et toutes ces connais-sances réunies composent celles de la société humaine. Celles qui se trouventlogées dans les tôles d’une nation composent les lumières de celte nation.
Toutes les connaissances généralement contribuent au bien-être de lasociété. Quand le cultivateur connaît bien la nature des choses relatives àl’agriculture, qu’il sait comment on parvient à produire l’effet désiré; quandle négociant connaît de même ses marchandises, l’artiste son art, le savantsa science, tous les résultats s’obtiennent de la manière la plus simple etla plus expéditive. Or, la société entière en fait son profit. Le consomma-teur y gagne aussi bien que le producteur.
Mais cela ne suffit point.j Un homme n’est pas seulement producteur et:consommateur : il est en même temps, pour l’ordinaire, époux, père, fils,frère, citoyen. Certaines connaissances lui sont nécessaires pour remplirdignement ces diverses fonctions. Comme citoyen, il doit connaître de plusles intérêts du corps social. Ce n’est pas tout encore. Les lumières en gé-néral adoucissent les mœurs, et préparent les caractères les plus désor-donnés à écouter la voix de la raison, à suivre les conseils de la douceur.Nous en devons conclure que, si elles sont favorables à l’individu, elles nopeuvent être indifférentes au corps social. Pourrions-nous jouir entière-ment de ce que nous savons, si nous étions condamnés à vivre au milieu.d’un peuple ignorant et barbare?!
A la suite de ces réflexions, on conçoit qu’il convient à une nation defaire des sacrifices en faveur de l’instruction de ses membres; cl commele gouvernement est chargé des intérêts de la communauté, on conçoitqu’il doit consacrer à l’instruction une partie des dépenses publiques.
S’ensuit-il qu’il doive accaparer l’instruction ? Que dès l’enfance chaquemembre de la société ne doive s’instruire que dans les écoles qu’il a insti-tuées, par l’organe des maîtres de son choix, et au moyen des livres qu’ila fait composer? Il est douteux que ce monopole fût selon l’intérêt dugouvernement lui-même. Il est insoutenable de prétendre qu’il fût selonl'intérêt de la société. Le gouvernement,comme faisant partie de la nation,