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SEPTIEME PARTIE. - CHAPITRE XXVII.
a sans doute des intérêts communs avec toute la nation ; mais les gouver-nants, les personnes qui font partie du gouvernement, ont des intérêtsparticuliers qui trop souvent l’emportent dans leur esprit sur l’intérêtnational. Si, sous prétexte de maintenir le bon ordre et la saine instruc-tion , on enlevait aux parents le choix des études et des instituteurs ' ; sion leur ôtait même la faculté de communiquer avec leurs enfants ; si l’es-prit humain était mis dans les attributions d’un ministre, docile instrumentdes volontés du prince, alors nul progrès ne pourrait plus avoir lieu quepar ordre. Un peuple entier pourrait croître imbu des opinions et des ha-bitudes les plus contraires à sa dignité, à son bonheur. On pourrait avecsécurité lui faire croire tout ce qu’on voudrait qu’il crut, lui faire payertout ce qu’on jugerait à propos de dépenser; il obéirait sans raisonner sonobéissance, à la manière des brutes; on lui enseignerait à être fidèle àcelui-ci, à celui-là, à tout, hors au bon sens et à la vérité. Une nation se-rait ainsi tenue dans un étal d’infirmité intellectuelle qui la rendrait àpeine supérieure à un troupeau.
? Il serait plus fâcheux encore que la jeunesse fût confiée à la directiondes prêtres d’un certain culte, surtout s’ils recevaient l’impulsion d’un^ prêtre étranger. On pourrait craindre alors que les générations ne fussentélevées dans l’intérêt d’un ordre, d’une classe d’hommes dont les intérêtsseraient distincts de ceux du reste de la société, et qui tenteraient derendre hypocrites, du moins, ceux qu’ils ne parviendraient pas à rendreimbéciles. Un bigotisme avilissant s’emparerait de bonne heure de tousles esprits ; les hommes faits étant abrutis, abrutiraient leurs successeurs,semblables à ces Caraïbes qui aplatissent, entre deux ais, les têtes de leursenfants, sans autre motif sinon que la leur a été aplatie de la même manière.
Les hommes à vues étroites ne manquent pas de dire que les gouver-nements ne peuvent sans danger permettre à l’extravagance et à l’immo-ralité d’enseigner tout ce qui leur plaira, et de pervertir l’enfance. Us necomprennent pas que la sollicitude des parents est la plus sûre sauvegardede l’enfance. Quels parents peuvent consentir à ce qu’on enseigne à leursfils des extravagances et des immoralités? Une maison d’éducation par-ticulière peut-elle donner un enseignement qui soit un secret? est-elleintéressée à le faire? La bonne réputation n’est-elle pas plus que pour
1 On a vu le gouvernement autrichien (en 1821) défendre à ses sujets de s’ins-truire dans l’étranger, et s’ingérer du choix des précepteurs que les familles opu-lentes donnent, à leurs frais et dans leurs maisons, à leurs propres enfants.