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Tome II.
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AVANTAGE DE L’INSTRUCTION GÉNÉRALE. 331

tout autre établissement nécessaire à son succès ? Est-elle affranchie de laconcurrence des autres maisons d’éducation? de la surveillance des ma-gistrats ordinaires? Enfin voit-on des abus criants envahir les maisonsd’éducation dans les pays où, comme en Angleterre, l’autorité publiquen’a pas le monopole de l’éducation ?

La propagation des lumières, le bien public, voudraient au contrairequ’il existât une grande quantité d’écoles qui, au lieu d’être jetées dans lemême moule, donnassent des documents divers, de manière que les fa-milles pussent choisir l’enseignement le plus propre à la vocation futurede leurs enfants, et diriger leur travail vers les études qui leur serontulilesdans la carrière où leurs goûts et leur fortune les porteraient.

Quand l’instruction n’est pas libre, la nation n’est pas exposée seule-ment à devenir victime des vues intéressées et machiavéliques de songouvernement, mais de ses travers et de ses erreurs. On a vu des gou-vernements qui, voulant donner à tout un peuple les mœurs d’une ca-serne , n’estimaient que l’instruction capable de servir aux arts de laguerre. François de Neufehâteau, ministre de l’intérieur, a consigné dansun Mémoire sur la manière d'enseigner l'agriculture les efforts superflusqu’il fit pour persuader à Bonaparte d’utiliser le parc et les bâtiments deChambord, en y fondant une grande école d’agriculture pratique. Bona-parte commença par accueillir sa proposition, et lui demanda de déve-lopper ses moyens d’exécution ; l’auteur les exposa dans un Mémoire qu’illut devant le prince en conseil d’Etat. Laissons parler ici François deNeufehâteau lui-même : « Cet exposé de mes moyens, dit-il, fut écouté; « d’abord avec beaucoup d’attention ; mais lorsque je fus arrivé â la des-« criplion du château de Chambord, on n’y vit plus que des casernes ; et,« tout en me louant beaucoup d’avoir conçu l’idée d’uue si grande école,« on décida que Chambord serait un poste militaire.

« Un poste militaire ! Ces mots me confondirent. J’avais un grand res-« pect pour le premier consul ; cependant je sentais ma raison se révolter« contre la sienne; je ne pouvais comprendre qu’il voulût sérieusement« placer un poste militaire dans un désert malsain et dominé de toutes(( parts. Une foule d’objections se présentaient à mon esprit. Je me de-: « mandais même : Où donc en serions-nous réduits, si le premier guer-« rier du monde prévoyait que l’on dût jamais avoir besoin d’aller cher-« cher une retraite de l’autre côté de la Loire ? Mais j’aurais eu mauvaise« grâce à combattre l’opinion du vainqueur de l’Europe. Dans cette fluc-v (.nation de sentiments contradictoires, écrasé de mes doutes, n’osant les