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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE XXVIII.

« énoncer, désespéré de voir offrir en sacrifice à ce que je croyais une« chimère ou un prétexte la seule occasion que l’on eût jamais eue d’éta-« blir parmi nous, sur une grande échelle, l’institut polygéorgique dont« la France a toujours manqué, et qui lui devenait plus nécessaire encore« dans le siècle ou nous entrions, je restai frappé de stupeur. Mes larmes« allaient me trahir ; je les dévorai dans la crainte qu’on ne les imputât à« un vif mouvement d’intérêt personnel ; ma consternation ne parut que« par mon silence, et je mis mon plan dans ma poche.

« Un aide de camp du consul me fit entendre ensuite que je m’étais« peut-être découragé trop tôt, et que, si j’avais eu l’inspiration de donner« à ma colonie agricole une tournure militaire , flattant ainsi les goûts du« maître, j’aurais sauvé du moins une partie de mon projet; on m’eût« donné un grade qui aurait mis mon entreprise sous l’influence du dé-« partement de la guerre. Je ne sais pas jusqu’à quel point celte ouver-« lure était fondée, et je n’ai pas été curieux de m’en éclaircir : modifier« ainsi mon plan, c’eût été le dénaturer. Mon idée était simple : je vou-« lais former des fermiers ; on ne voulait que des soldats. »

II nous reste à chercher la somme des sacrifices qu’il convient à unenation de faire pour l’instruction.

CHAPITRE XXVIII.

Quelle est l’instruction dont il convient à une nation de faire les frais.

Les nobles, il y a trois siècles, ne regardaient pas le paysan comme fai-sant partie de leur espèce : ils avaient raison en ceci que le développe-ment des facultés de l’homme en fait un être d’un autre ordre; mais ilsavaient tort de se borner à mépriser une classe, au lieu de la tirer de sonétat d’abjection. Je dis qu’ils avaient tort, même dans leur intérêt ; car ce ,régime les retenait eux-mêmes dans une sorte de barbarie, ou du moins ;les empêchait de jouir de tous les avantages de la civilisation. Si un gen- :tilhomme se plaignait des institutions qui ont amélioré le sort du tiers-état, ;je voudrais qu’il pût être transporté dans le manoir qu’habilail sa famille jtrois cents ans plus tôt, et qu’il fût obligé de partager le genre de vie-qu’elle y menait; il est probable qu’il s’y trouverait fort à plaindre. jLa classe qu’on affectait de mépriser avait son excuse dans son abrutis-i