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Tome II.
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DES ÉTABLISSEMENTS D’INSTRUCTION.

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j semenl même. Reproche-t-on au cheval du fermier d’ignorer les alluresj du manège ! Beaucoup de progrès sans doute ont été faits dans cettej classe ; cependant, il est douloureux d’en convenir, la plupart des habi-j tauts de la partie la plus civilisée du globe sont encore dans un état voisin: delà barbarie. Les hommes n’y satisfont que les besoins les plus grossiers;1 ils n’ont, sur beaucoup de points, que des idées fausses, ou n’en ont pointj. du tout. Ils ignorent les premiers principes des professions où ils sont| entrés par hasard, et ne sont contenus dans les bornes du devoir que par\ le danger d’en sortir. Us ne conçoivent pas la possibilité d’une situationj meilleure; et, dans le désespoir d’y parvenir, ils ne prennent pas les{ moyens, ils ne font pas les efforts qui pourraient les y porter,j Parmi les hommes qui leur sont supérieurs en fortune comme en savoir,

! beaucoup s’imaginent qu’il est avantageux de les maintenir dans leur fâ-cheuse situation ; et ceux mêmes qui ne partagent pas cette fausse opi-nion ne pourraient entreprendre de les en tirer sans faire eux-mêmesdes sacrifices disproportionnés à leur part de l’avantage qu’on en recueil-lerait. Ce qui n’est pas dans l’intérêt des particuliers, et ce qui est dansl’intérêt du public, doit être exécuté au dépens du public. Il en est de celacomme des grandes routes. Nous avons vu qu’aucun particulier, ni mêmeaucune compagnie de particuliers ne peut y trouver assez de profils pouren faire l’entreprise à ses frais, et que, cependant, les avantages qu’en; retire une nation sont infiniment supérieurs aux avances qu’exigent cesgrands travaux.

Le premier pas, peut-être le seul indispensable pour civiliser les classesinférieures, est de leur enseigner la lecture, l’écriture et les premièresnotions du calcul*. Il n’en faut pas davantage pour les mettre en commu-nication avec le monde civilisé et pour fournir aux talents qu’elles récèlentles moyens de se développer. Il convient de communiquer ces connais-

' Je ne me dissimule point les difficultés qui entourent ces études prépara-' toires. Nos langues, et surtout les fonctions des diverses classes des mots dont> elles se composent, sont fondées sur une analyse métaphysique très déliée. Nous. eu avons beaucoup augmenté la difficulté par une orthographe irrégulière.L’arithmétique se compose de raisonnements sur des quantités abstraites. Maisje crois que cette dernière étude du moins pourrait être rendue très facile par1 ; des procédés qui tomberaient sous les sens. Gomme, par exemple, en représen-tant les unités par des jetons. Trois [ois trois [ont neuf est une abstraction, maistrois paquets de trois jetons font neuf jetons, est une vérité sensible.