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SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE XXVIII.
sances élémentaires aux filles comme aux garçons, car elles n’en auront |pas moins besoin dans le cours de la vie; cl la moitié de notre espèce, celle !qui dirige les premiers efforts de l’intelligence humaine, ne doit pas être ■tenue dans un état d’infirmité morale qui rejaillit sur l’espèce entière.
La lecture, l’écriture et les premières règles d’arithmétique peuventêtre enseignées avant l'àge où l’enfant d’une famille indigente est appelé àl’aider du travail de ses mains, surtout depuis les grands progrès qu’on afaits dans l’art de renseignement. J’ajouterai que la méthode de l’ensei-gnement mutuel, outre l'avantage qu’elle a d’instruire l’enfance sans l’af-fliger et la rendre malheureuse, a celui de donner des habitudes extrê-mement favorables à la société : et cet effet, l’expérience l’a déjà confirmé.
Dans l’enseignement mutuel, l’écolier paresseux et incapable n’obtient 1ni avancement ni considération, sans que cela dépende du caprice du ;maître, et par la seule constitution de la chose. L’écolier qui sait passe Idevant celui qui ne sait pas, et celui-ci ne saurait passer devant l’autre; jcar il n’aurait rien à lui apprendre. Par là les élèves se forment à futile |vertu de se rendre justice à eux-mêmes, de la rendre aux autres, et de ne ;compter absolument que sur leur mérite pour parvenir.
Dans les vieilles écoles où l’on ne sait fixer l’attention des enfants quepar des menaces et des punitions, le talent qu’il leur importe le plus d’ac-quérir est celui de flatter leur pédagogue ; de là des habitudes d’hypocri- :sie et de bassesse; on dégrade leurs sentiments pour augmenter leur ins- jtraction, et quelle instruction !
Dans les nouvelles écoles, ils apprennent à employer tous leurs mo-ments; l’oisiveté, mère des vices, leur est insupportable; lorsqu’ils gran- •dissent, ils trouvent aisément une profession, et les tribunaux n’entendent ;presque jamais parler d’eux.
L’homme qui sait lire et écrire peut tout apprendre ; et il parvient d’autant plus aisément aux autres connaissances, qu’il y est initié par deslivres élémentaires bien faits, c’est-à-dire par des livres qui, dans chaque jscience, dans chaque art, en présentent les vérités fondamentales arran- ;gées dans l’ordre le plus favorable pour qu’elles s’éclaircissent mutuelle- !ment; qui les présentent appuyées d’exemples et d’applications qui les ’développent et en fassent ressortir futilité. Mais les bons livres élémen- !taires sont fort dificiles à composer, et la preuve en est qu'ils sont excès- jsivemenl rares. Ils exigent dans leur auteur une connaissance profondede toutes les parties de la science dont il enseigne les principes. Sans celacomment parviendrait-il à les arranger, à les coordonner à leur plus grand