DES ÉTABLISSEMENTS D’INSTRUCTION.
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avantage et à n’avancer jamais aucun principe élémentaire qui puisseêtre infirmé par un examen plus approfondi du sujet? A ces qualités,l’auteur d’un bon livre élémentaire doit joindre l’art de se mettre à laportée des commençants. Il faut qu’il prévoie les difficultés qui s’offrentà leur esprit dans chaque sujet, pour lever précisément celles-là et nonles autres. Son style doit être simple et surtout clair, sans cesser d’êtreconcis ; or, il n’est rien de si difficile que d’être à la fois clair et concis.
Les sommités des sciences sont de peu d’usage dans la vie ordinaire.Elles ne servent qu’à confirmer et coordonner les principes élémentaires,les seuls dont on ait besoin dans les applications que les arts font dessciences aux besoins de l’espèce humaine. On se fait difficilement uneidée des heureux effets qui résulteraient pour une nation d’une foule d’ou-vrages détachés qui ne contiendraient que des notions justes, nettementexprimées et à la portée de toutes les intelligences, sur les premiers prin-cipes de tous les arts et de toutes les sciences. Chacun se procurerait àpeu de frais les notions fondamentales les plus utiles dans la professionqu’il aurait embrassée ; nul autre moyen ne contribuerait plus efficace-ment à la diffusion des lumières.
Malheureusement, il n’y a ni assez de gloire ni assez de profit à com-poser un bon ouvrage élémentaire pour engager les hommes d’un grandmérite et d’un grand talent à s’en occuper’; ce serait donc faire un trèsutile emploi des honneurs et des richesses dont l’Etal dispose, que de ré-compenser avec munificence les auteurs des bons livres élémentaires etd’en multiplier les exemplaires. Il ne faudrait pas proposer de prix; un
| prix peut être remporté par un ouvrage médiocre quand il ne s’eu pré-\ sente pas de meilleur, et l'encouragement cesse du moment que le prix estaccordé. D’ailleurs, les connaissances humaines ne sont jamais station-naires. L’ouvrage le meilleur pour le moment où il est composé peut de-venir très imparfait vingt ans plus tard. 11 vaut mieux, je crois, que lalice reste constamment ouverte, et que l’Étal, après avoir récompensé lepremier écrivain de son époque dans ce genre ingrat, ait toujours uneautre couronne prête pour celui qui le surpassera. Le gouvernement,après avoir de celte manière acquis le manuscrit d’un livre élémentaire,
; ’ On peut dédaigner les vérités communes lorsqu’elles ont peu d’importance;
jmais rien de ce qui a de grandes conséquences n’est méprisable. Keppler n’estpas déshonoré pour avoir fait des almanachs de Nostradamus à la cour de Ro-dolphe IL