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Tome II.
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336 SEPTIÈME PARTIE. - CHAPITRE XXVIII.

le céderait à un libraire sous la condition de ne pas le vendre au-dessusd’un prix modique fixé d’avance.

Passé ces premiers sacrifices en faveur des fondements de toutes nosconnaissances, je suis tenté de croire qu’un gouvernement qui ne con-tribuerait en rien à propager des erreurs et à fausser la rectitude natu-relle de l’esprit humain aurait peu d’efforts à faire pour favoriser ses pro-grès ultérieurs. Aux premiers degrés de la civilisation , l’enseignementn’est pas encore assez important pour devenir l’occupation exclusive d’uneprofession particulière. Les hommes âgés communiquent aux plus jeunesce qu’on leur a appris, ou ce qu’ils ont recueilli par eux-mêmes. Mais unefois que les peuples ont secoué la barbarie des premiers âges, qu’ils sontplus nombreux, et qu’ils ont plus d’idées, ils se partagent les fondionsutiles de la société; toutes les familles pourvues de quelque aisance, ja-louses de procurer à leurs enfants des moyens de vivre en exerçant uneprofession, font les frais de leur éducation. Il devient possible de réunirassez d’élèves dans des institutions particulières pour que les fonctionsd’instituteur deviennent lucratives. Certaines personnes se vouent à l’em-ploi de recueillir les connaissances éparses dans la société. On en formedes corps de doctrine. Les jeunes gens eux-mêmes, suivant les disposi-tions de leur esprit, suivant les progrès de l’àge, sentent à leur tour le be-soin de devenir maîtres de leur sort et chefs de famille. Ils aspirent àacquérir les connaissances qui seules peuvent assurer leur avenir ; l’ins-truction prospère, pourvu que des intérêts sinistres ne viennent pas s’in-terposer entre l’homme et la vérité'.

On a cru trop souvent que l’étude n’était bonne qu’à occuper l’esprit dujeune âge et à donner à son activité un aliment sans danger. On regar-dait l’instruction comme un accessoire. On voulait seulement qu’elle fûtconforme aux institutions établies, quelque défectueuses qu’elles fussent.L’étude des langues suffisait à des vues aussi étroites, et surtout celledes langues mortes, qui, ayant été parlées par des peuples dont lescroyances et les institutions ne nous étaient pas applicables, ne portaientaucun ombrage aux abus existants. De là ccs collèges, écoles de pédan-tisme, monuments encore debout de l’infériorité de nos ancêtres dans lesconnaissances utiles, qui n’étaient propres qu’à donner à la jeunesse des

1 J’entends par intérêts sinistres ceux qui portent préjudice à un droit légi-time, au bien public.